Druckschrift 
[2] (1845)
Entstehung
Seite
124
Einzelbild herunterladen
 

! 21

HISTOIRE ET COSTUMES

aîaé vint à mourir, et ses parents voulaient le marier comme étant le seulpour propager la famille. Son goût ne le portant pas au mariage, il quittaPeralta, il était revenu après avoir achevé ses études, et alla trouverlévêque de Jaen, prélat très-savant, pour profiter de ses lumières et sefortifier dans les études quil avait entreprises.

Cependant son père le redemanda à Peralta, dans lespoir de le déter-miner à se marier, et pendant quil redoublait dimportunités auprès deson fils pour vaincre sa résistance, ce dernier tomba malade et fit vœuque, sil guérissait, il se ferait prêtre.

Il guérit en effet, et son père, instruit du vœu quil avait fait, ne luiparla plus de mariage et consentit à ce quil obéît à sa vocation. Il reçutdonc tous les ordres jusquà la prêtrise, en 1585, à vingt-sept ans.

Lévêque de Lerida (1), témoin de sa conduite édifiante, voulut lavoirauprès de lui, le prit pour son confesseur, le fit son vicaire général, etlemmena partout avec lui pour senaider dans le gouvernement de sondiocèse. Ce prélat étant mort, lévêque dUrgel offrit à Calasanz une cureet lemploi dofficial dans son diocèse.

Après avoir rempli les fonctions de ce bénéfice pendant huit ans, il sendémit, et quitta lEspagne pour aller à Rome voir les beux qui attiraienttant de personnes pieuses, et sy livrer aux pratiques de dévotion que ceslieux inspirent.

Deux ans après, on voulut inutilement le rappeler dans sa patrie en luioffrant un canonicat à la cathédrale de Balbastro, peu éloigné du lieuil était. Mais il ne voulut pas laccepter et resta à Rome.

Il était alors chez le cardinal Marc-Antoine Colonne, en qualité de sonthéologien et de précepteur de ses neveux, fils de son frère le connétableColonne,.duc de Palliano (2). Il était en même temps aumônier de la mai-

(1) Lérida est uuo place forle dont le grand Condé fut obligé de lever le siège en 1647.Lhiver suivant, ce prince se (rouvait à la Comédie française, l'on jouait une pièce dontlauteur était un de ses protégés. La pièce fut silllée, et le prince remarquant dans la foule unindividu qui paraissait être le chef de la cabale, sécrie : « Prenez moi cet homme-. » Lesillleurlui répond : « Prince, on ne me prend pas: je mappelle Lérida.>

(2) Marc-Antoine Colonne, grand connétable de Naples, commandait les galères du pape, à lacélèbre bataille de Lépanle, en 1571. A son retour, Pie V voulut quil entrât à Homecommc lesanciens triomphateurs romains, sur un char magnilique entouré des prisonniers turcs. Il montaau Capitole au milieu de cette pompe, et fut reçu ensuite au Vatican par le souverain pontife àla tète de tous les cardinaux, comme le sauveur du christianisme.