CLERCS RÉGULIERS
DES ÉCOLES PIES.
Si le seizième siècle est, celui où l’Église a vu s’élever contre elle tantd’ennemis qui ont perverti ses cillants, attaqué ses dogmes et sa discipline,c’est aussi celui qui a produit le plus de saints personnages, qui ont fondédes associations pour soulager l’humanité, instruire la jeunesse, réformerles mœurs, et montrer au monde que, parallèlement à l’erreur, marchetoujours la vérité, et que jamais le mal ne prescrit contre le bien.
Il n’était plus question à cette époque de fuir la société, d’aller se cacherau fond des bois, de se renfermer dans une grotte ou dans une cellule,pour s’y donner la discipline, endosser la hairc et le cilicc. La religionavait alors d’autres besoins, réclamait d’autres secours. C’était à la facedu soleil, au milieu des cités, que le zèle religieux devait se déployer et semettre en évidence. Il fallait, pour ainsi dire, oublier sa propre sanctifi-cation pour ne s’occuper que de celle des autres. 11 fallait, pour mener
les peuples au bien, marcher devant eux et leur montrer le chemin.Sublime mission à laquelle étaient appelés les saints du seizième siècle!
C’est cet instinct religieux qui produisit la congrégation des clercs régu-liers des écoles pies.
Le fondateur de cet institut, Joseph Calasanz ou Casalanz, selond’autres, naquit en 1556, à Pcralta, en Aragon, à dix-huit lieues deLerida, de parents aussi recommandables par leur noblesse que par leurpiété. Après avoir fait ses premières études dans son pays, on l’envoya àLerida étudier la philosophie et le droit, après quoi il alla à Valence faireun cours de théologie, qu’il termina à Alcala de Pcnarez, où il prit lebonnet de docteur.
11 n’éfail pas encore engagé dans les ordres sacrés, quand son Irère