DES ORDRES RELIGIEUX.
119
simples laïques, prirent la résolulion de ne plus s’occuper qu’à servir lespersonnes malades. Mais d’après le conseil de quelques amis, qui lui firentobserver que, pour trouver un plus grand nombre d’associés, il convenaitqu’il fût prêtre, il alla, à l’âge de (rente-deux ans, suivre les leçons ' "quesdes jésuites. Tl fit des progrès si rapides dans ses éludes, qu’il fut, peu detemps après, promu à la prêtrise, et alors les administrateurs de l’bôpitaloù il était employé, lui ayant donné à desservir une église qui leur appar-tenait, il se démit de son emploi d’économe et. prit possession de cetteéglise ainsi que d’un couvent qui y était contigu. Mais vu l’insalubrité decette demeure, qui était, sur les bords du Tibre, il loua provisoirementune maison et finit par faire l’acquisition de l’église de la Madelaine sur laRotonde, avec quelques bâtiments qui en étaient voisins : c’est là quefut établi le cbcf-lieu de son ordre qui fut connu primitivement sous lenom de l’ordre du père Camille, et enfin sous celui des clercs régulierspour te service des malades (T).
C’est alors que le nombre de ses compagnons augmenta, et, en 1591,son ordre fut approuvé par un bref du pape Grégoire XIV et mis au nombredes ordres mendiants.
Les constitutions qu’il donna à ses disciples portaient qu’ouïrc les troisvœux ordinaires de religion, ils en feraient un quatrième, qui les oblige-rait à assister tous les malades quelconques à l’article de la mort, pour lesaider à bien mourir; que le nombre des laïques parmi eux serait plus grandque celui des prêtres; qu’ils seraient jour et nuit dans les hôpitaux pouravoir soin des malades, sans rien exiger des administrateurs de ces établis-sements.
Tout étant ainsi disposé, le 8 décembre de la même année, Camilleprononça ses vœux entre les mains de l’évêque d’Epidaurc in parlilms, etreçut ensuite, comme supérieur, ceux de tous ses compagnons.
(1) On pourrait demander comment un prêtre comme Camille, inconnu et sans fortune, pou-vait faire des acquisitions pareilles. Mais cela n’est pas plus étonnant que ce que nous voyonsaujourd'hui nous-mêmes, où, malgré les clabauderies continuelles contre les congrégationsreligieuses, malgré l’indillérence ou l’hostilité des gouvernements mêmes pour les oeuvrespieuses, nous voyons se former des établissements, soit pour l’instruction chrétienne des classesinférieures, soit pour procurer des asiles à l’indigence ou à la vieillesse.
Si les gouvernements de nos jours ont leur budget, la Providence divine a aussi le sien, etses contribuables n’allendenl pas, pour payer, la visite du porteur de contraintes.