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HISTOIRE ET COSTUMES
Ancône, pour prendre du service dans l’armée vénitienne ; mais un ulcèrequi lui survint à la jambe, et qui l’affligea longtemps, dérangea ses pro-jets. Peu après il vint à perdre son père. Comme il savait à peine lire, elqu’il était dépourvu de toute instruction, il se trouva sans ressource, et sapassion pour le jeu mit le comble à son infortune.
Dans cette triste position, il rencontre heureusement quelques bonsreligieux franciscains à qui il fait part de sa misère, et qui lui conseillentd’entrer dans leur ordre, où il avait un de ses oncles. Il s’y présente; maisà la vue de sa plaie, on refuse de le recevoir.
L’infortuné va à Rome et demande à être reçu dans un hôpital où l’onrecevait des incurables, et s’offre pour avoir soin des malades; mais il n’yfut pas longtemps. Son humeur insupportable et sa fureur pour le jeul’en font chasser.
Il n’eut plus alors d’autre ressource que de revenir à son premier mé-tier. Il alla donc, en 1509, à Venise, s’enrôler pour aller faire la guerreaux Turcs. La campagne finie, il fut licencié et retomba dans la misère.
Pour ne pas mourir de faim pendant l’hiver, il alla s’offrir aux capu-cins de Manfredonia, pour servir de manœuvre aux ouvriers qui travail-laient chez eux, en attendant l’ouverture d’une nouvelle campagne.
Cependant le séjour qu’il fit chez ces pères lui fit faire un relour sérieuxsur sa vie passée. Il se proposa de changer de conduite, et serait volon-tiers resté à Manfredonia, où il avait déjà été accepté, comme frère lai,si son ulcère ne s’était rouvert; ce qui le fit renvoyer.
Mais, au lieu de reprendre l’élat militaire, il retourna à Rome, rentradans l’hôpital qu’il avait déjà habité, s’y fît traiter, et s’y conduisit de ma-nière à servir d’exemple à tous ceux qui s’y trouvaient.
Quelques mois après, il retourna chez les capucins de Manfredonia, quile reçurent de nouveau, le croyant guéri. Mais quand ils s’aperçurentqu’il ne l’était pas, ils se virent obligés de le congédier.
Il retourna donc à Rome, et la place d’économe dans l’hôpital où ilavait demeuré, étant venue à vaquer, il l’obtint. Comme son goût le por-tait à entrer dans l’ordre des franciscains, il se présenta chez les Cordeliersd’Ara Cœli, qui le refusèrent à cause de son infirmité.
Se voyant donc rejeté par les franciscains, il lui vint l’idée de s’associerquelques compagnons pour se dévouer exclusivement au service des ma-lades. C’était en l’année 1582, el il trouva cinq hommes qui, comme lui,