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[2] (1845)
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HISTOIRE ET COSTUMES

Ancône, pour prendre du service dans larmée vénitienne ; mais un ulcèrequi lui survint à la jambe, et qui laffligea longtemps, dérangea ses pro-jets. Peu après il vint à perdre son père. Comme il savait à peine lire, elquil était dépourvu de toute instruction, il se trouva sans ressource, et sapassion pour le jeu mit le comble à son infortune.

Dans cette triste position, il rencontre heureusement quelques bonsreligieux franciscains à qui il fait part de sa misère, et qui lui conseillentdentrer dans leur ordre, il avait un de ses oncles. Il sy présente; maisà la vue de sa plaie, on refuse de le recevoir.

Linfortuné va à Rome et demande à être reçu dans un hôpital lonrecevait des incurables, et soffre pour avoir soin des malades; mais il nyfut pas longtemps. Son humeur insupportable et sa fureur pour le jeulen font chasser.

Il neut plus alors dautre ressource que de revenir à son premier mé-tier. Il alla donc, en 1509, à Venise, senrôler pour aller faire la guerreaux Turcs. La campagne finie, il fut licencié et retomba dans la misère.

Pour ne pas mourir de faim pendant lhiver, il alla soffrir aux capu-cins de Manfredonia, pour servir de manœuvre aux ouvriers qui travail-laient chez eux, en attendant louverture dune nouvelle campagne.

Cependant le séjour quil fit chez ces pères lui fit faire un relour sérieuxsur sa vie passée. Il se proposa de changer de conduite, et serait volon-tiers resté à Manfredonia, il avait déjà été accepté, comme frère lai,si son ulcère ne sétait rouvert; ce qui le fit renvoyer.

Mais, au lieu de reprendre lélat militaire, il retourna à Rome, rentradans lhôpital quil avait déjà habité, sy fît traiter, et sy conduisit de ma-nière à servir dexemple à tous ceux qui sy trouvaient.

Quelques mois après, il retourna chez les capucins de Manfredonia, quile reçurent de nouveau, le croyant guéri. Mais quand ils saperçurentquil ne létait pas, ils se virent obligés de le congédier.

Il retourna donc à Rome, et la place déconome dans lhôpital ilavait demeuré, étant venue à vaquer, il lobtint. Comme son goût le por-tait à entrer dans lordre des franciscains, il se présenta chez les CordeliersdAra Cœli, qui le refusèrent à cause de son infirmité.

Se voyant donc rejeté par les franciscains, il lui vint lidée de sassocierquelques compagnons pour se dévouer exclusivement au service des ma-lades. Cétait en lannée 1582, el il trouva cinq hommes qui, comme lui,