CLERCS RÉGULIERS
POUR LE SERVICE DES MALADES.
L’esprit de charité, qui avait fondé les ordres des trinilaires et de laMerci pour le rachat des captifs chrétiens détenus par les infidèles, s’étaitélevé jusqu’à l’héroïsme, en obligeant les membres de ces instituts àprendre eux-mêmes les chaînes de ces malheureux, lorsqu’ils n’avaientplus d’autres moyens de payer leur liberté. Cet exemple de dévouementne fut point perdu et trouva des imitateurs dans les ordres qui s’établirent,pour le soulagement des malades.
Plusieurs congrégations, tant d’hommes que de femmes, s’engageaientà servir les pauvres qui étaient reçus dans les hôpitaux, mais leurs vœuxne les obligeaient qu’à secourir ceux qui étaient atteints des maladies ordi-naires. Survenait-il une peste, une de ces affreuses contagions, si com-munes autrefois, si rares de nos jours, où la mort comptait ses victimespar milliers, les moribonds étaient délaissés, et personne n’osait approcherde leurs lits. 11 fallait un nouvel ordre religieux pour combler cette lacunequi se trouvait dans l’exercice de la charité chrétienne ; un ordre qui, parun vœu spécial, se dévouât à assister jusqu’à son dernier soupir, tout mal-heureux attaqué de la peste.
Le fondateur de cet ordre fut Camille de Lellis.
Comme beaucoup d’autres héros de la charité chrétienne, Camille n’an-nonçait pas, dès ses premières années, le rôle qu’il devait jouer dans lasuite. Sa conduite n’avait alors rien que de blâmable. C’était un-joueureffréné, un homme d’une humeur insupportable, et sans aucun ordredans sa conduite.
Fils d’un militaire, et militaire lui-mème, il en avait tous les débuts.Né, en 1550, dans l’Abruzze, il allait avec son père s’embarquer à