lIISTOIliE ET COSTUMES
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il fut placé sous la tutelle d’un de ses parents, qui l’envoya à Pavie, pourétudier le droit. Revenu à Milan, à l’âge de vingt ans, il prit l’habit ecclé-siastique. Le Milanais ayant été le théâtre de la guerre, il s’y trouvait ungrand nombre de pauvres, ruinés par le séjour et les réquisitions desarmées (1). Ferrari soulagea autant qu’il le put la misère publique, surtoutles pauvres honteux toujours les plus à plaindre.
Quant à Morigia, c’était un gentilhomme d’une très-ancienne famille.Il naquit à Milan, en 1493, et était par conséquent le plus vieux des troisfondateurs. Il différait aussi d’eux en ce qu’il n’avait pas reçu, commeles deux autres, une première éducation bien dirigée. Ayant perdu sonpère de bonne heure, sa mère, qui était une femme du monde, ne savaitinspirera ses enfants que des idées profanes, et se mettait peu en peinede les former aux vertus chrétiennes.
Cependant Morigia avait un grand goût pour les mathématiques, et yavait fait de grands progrès. Du reste, d’après l’exemple de sa mère, il selivrait à tous les amusements qu’on trouve dans le grand monde, et semontrait dans toutes les réunions où l’on cherchait le plaisir.
Heureusement il avait quelques parentes religieuses, à qui il faisait detemps en temps des visites. Elles lui firent des représentations sur la viedissipée qu’il menait, et elles y mirent tant d’adresse, qu’à la fin elles luipersuadèrent de changer de conduite. Il renonça au monde et demanda latonsure à l’évêque de Laodicée, qui administrait l’église de Milan en l’ab-sence de l’archevêque.
11 v avait à Milan une confrérie de la Sagessse éternelle, comme cellequi existait à Rome sous le nom de l'A mour divin. Zacharie, Ferrari etMorigia en étaient membres, et ces trois amis, animés des mêmes senti-ments, se concertèrent pour fonder ensemble une congrégation, commel’avaient fait Gaëtan et Caraffa à Rome, dans les mêmes circonstances.
Ils s’associèrent deux autres saints prêtres de Milan, et tous cinq, profi-tant de ce qu’un d’eux, Ferrari, était frère d’un secrétaire de Clément VIT,ils s’adressèrent à ce pontife, en 1532, pour demander l’autorisation defonder une nouvelle congrégation de clercs réguliers, qui s’obligeraient
(]) Deux rois de France, Louis XII el François I er , ayant des prétentions sur le duché deMilan, envahirent successivement ce pays, mais ne purenl s’y maintenir. Le dernier y lut faitprisonnier à la bataille de Pavie. <|u’il perdit en 1525. On conçoit que ces deux invasions durentêtre bien onéreuses à cette partie de l'Italie.