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[2] (1845)
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lIISTOIliE ET COSTUMES

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il fut placé sous la tutelle dun de ses parents, qui lenvoya à Pavie, pourétudier le droit. Revenu à Milan, à lâge de vingt ans, il prit lhabit ecclé-siastique. Le Milanais ayant été le théâtre de la guerre, il sy trouvait ungrand nombre de pauvres, ruinés par le séjour et les réquisitions desarmées (1). Ferrari soulagea autant quil le put la misère publique, surtoutles pauvres honteux toujours les plus à plaindre.

Quant à Morigia, cétait un gentilhomme dune très-ancienne famille.Il naquit à Milan, en 1493, et était par conséquent le plus vieux des troisfondateurs. Il différait aussi deux en ce quil navait pas reçu, commeles deux autres, une première éducation bien dirigée. Ayant perdu sonpère de bonne heure, sa mère, qui était une femme du monde, ne savaitinspirera ses enfants que des idées profanes, et se mettait peu en peinede les former aux vertus chrétiennes.

Cependant Morigia avait un grand goût pour les mathématiques, et yavait fait de grands progrès. Du reste, daprès lexemple de sa mère, il selivrait à tous les amusements quon trouve dans le grand monde, et semontrait dans toutes les réunions lon cherchait le plaisir.

Heureusement il avait quelques parentes religieuses, à qui il faisait detemps en temps des visites. Elles lui firent des représentations sur la viedissipée quil menait, et elles y mirent tant dadresse, quà la fin elles luipersuadèrent de changer de conduite. Il renonça au monde et demanda latonsure à lévêque de Laodicée, qui administrait léglise de Milan en lab-sence de larchevêque.

11 v avait à Milan une confrérie de la Sagessse éternelle, comme cellequi existait à Rome sous le nom de l'A mour divin. Zacharie, Ferrari etMorigia en étaient membres, et ces trois amis, animés des mêmes senti-ments, se concertèrent pour fonder ensemble une congrégation, commelavaient fait Gaëtan et Caraffa à Rome, dans les mêmes circonstances.

Ils sassocièrent deux autres saints prêtres de Milan, et tous cinq, profi-tant de ce quun deux, Ferrari, était frère dun secrétaire de Clément VIT,ils sadressèrent à ce pontife, en 1532, pour demander lautorisation defonder une nouvelle congrégation de clercs réguliers, qui sobligeraient

(]) Deux rois de France, Louis XII el François I er , ayant des prétentions sur le duché deMilan, envahirent successivement ce pays, mais ne purenl sy maintenir. Le dernier y lut faitprisonnier à la bataille de Pavie. <|uil perdit en 1525. On conçoit que ces deux invasions durentêtre bien onéreuses à cette partie de l'Italie.