BARNABITES.
Les clercs réguliers connus sous le nom de barnabites ont pour fon-dateurs trois gentilshommes italiens, dont un de Crémone et deux deMilan. Le premier est Antoine-Marie Zacharie, et les deux autres, Barthé-lemi Ferrari et Jacques-Antoine Morigia.
La ville de Milan a pris pour patron saint Barnabé, d’après une anciennetradition qui porte que cet apôtre y est venu en personne annoncer l’Évan-gile, comme saint Jacques l’a fait à Compostelle, et les apôtres saint Pierreet saint Paul à Rome.
Il y a à Milan une église dédiée à saint Barnabé, qui fut achetée par lestrois fondateurs que nous venons de nommer. De là est venu le nom po-pulaire de barnabites, qu’on leur donne, au lieu de celui de clercs régu-liers de Saint-Paul, que leur donne le pape Clément VII dans son bref del’an 1555.
Des trois fondateurs, celui qu’on met à leur tête, comme l’auteur duprojet, est Zacharie de Crémone. Ce saint prêtre naquit en 1500, la mêmeannée que Charles V. Sa mère, jeune veuve, qui n’avait pas d’autre en-fant que lui, prit un soin particulier de son éducation chrétienne, etforma son cœur à la pratique de toutes les vertus. Après avoir fait sespremières études, il alla à Padoue étudier la philosophie et la médecine.Mais, d’après le conseil de son confesseur, il se destina à l’état ecclésias-tique et s’appliqua à la théologie. Il reçut les ordres sacrés, et n’eut plusd’autre occupation que de soulager les pauvres et de prêcher la parole déDieu, à Crémone où il était né, et où il avait son domicile. Cependant desraisons d’intérêt l’obligeaient à aller passer tous les ans quelques mois àMilan, où sa famille avait droit de bourgeoisie, et c’est là qu’il fit la con-naissance de ses deux amis dont nous allons parler.
Rarthélemi Ferrari était né à Milan, en 1497. Orphelin de bonne heure,