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HISTOIRE ET COSTUMES
fonctions, et tous convinrent qu’il fallait établir le chef-lieu de leur con-grégation à Avignon, capitale du comtat Venaissin.
Le pape Clément VIII chargea, en 1595, l’archevêque d’Avignon d’ap-prouver cette congrégation. C’est alors que le P. de Bus commença sesinstructions publiques dans l’église de Sainte-Praxède, à Avignon. L’arche-vêque y assista lui-même, et donna l’exemple de l’assiduité aux discoursdes prêtres de la doctrine chrétienne. Le personnel des nouveaux apôtresétait alors de douze, dont quatre étaient prêtres, ayant pour supérieurCésar de Bus.
Celui-ci avait proposé à ses compagnons de faire un vœu d’obéissance;mais un d’eux, le P. Romillon, ne voulut pas y consentir, et se sépara delui avec quelques autres; scission qui fut pénible au vénérable supérieur.Il éprouva un autre malheur à la suite de celui-là. Il perdit la vue à l’âgede quarante-neuf ans, ce qui le mit dans l’impossibilité de dire la messele reste de ses jours. Mais cela ne l’empêcha pas de continuer ses instruc-tions chrétiennes jusqu’au moment où de plus graves infirmités l’en ren-dirent incapable, ce qui arriva dix-huit mois avant sa mort.
Cet homme de bien termina sa carrière le 15 avril 1009, à soixante-troisans. Son corps fut levé de terre quatorze mois après sa mort, et trouvésans corruption.
Il avait voulu, avant de mourir, être déchargé de la supériorité. Ce futle P. Sisoine qui en fut revêtu, et après lui le P. Viguier. C’est sous cedernier que les Doctrinaires eurent l’époque la plus brillante. Ils avaientdéjà trois établissements : un à Avignon, qui était le chef-lieu, un à Tou-louse, et un à Brive-la-Gaillarde en Limousin.
Le P. Viguier proposa à ses compagnons de demander que leur congré-gation, de séculière quelle était, devînt régulière. Ils y consentirent. Enconséquence leur supérieur s’adressa, en 1614, au saint-siège, pour obtenirque la doctrine chrétienne fût reconnue comme un ordre régulier. La ré-ponse du souverain pontife fut qu’il conseillait aux Doctrinaires de s’unirà une congrégation déjà approuvée, en leur laissant le choix de celle quileur conviendrait. Ils demandèrent d’abord à se réunir aux barnabites,dont nous parlerons bientôt : mais il s’y présenta des difficultés, et ilss’adressèrent aux somasques, qui les acceptèrent.. Cela étant, Paul V,par un bref de l’an 1616, les unit aux somasques. Il fut dressé un traitéqui stipulait que les doctrinaires prendraient le nom de prêtres de la doc-