DES ORDRES RELIGIEUX.
107
11 en fit le récit détaillé à son lit de mort, lorsqu’on lui administra lesderniers sacrements (I).
Dans l’intention d’embrasser l’état ecclésiastique, il se remit à ses pre-mières études qu’il avait oubliées, fit un cours de philosophie pour serendre utile dans le ministère, et son évêque, le voyant dans de si bonnesdispositions, lui donna un canonicat dans son église.
Ordonné prêtre, César s’appliqua à en remplir convenablement les fonc-tions. Il gagna six de ses confrères, avec lesquels il s’associa pour donnerdes instructions publiques, et se montra aussi fort assidu à entendre lesconfessions. 11 allait dans les hôpitaux assister les malades sans redouterles dégoûts et les dangers auxquels ces fonctions l’exposaient.
Dans l’ardeur de son zèle, il saisissait toutes les occasions qui se pré-sentaient de faire le bien, et il eut, entre autres, la consolation d’opérerune réforme importante dans un couvent de bénédictines qui étaient fortrelâchées, et qu’il amena à reprendre la régularité quelles avaient aban-donnée.
En méditant sur le catéchisme qu’avait rédigé le concile de Trente, ilconçut le plan d’un cours d’instructions appropriées aux besoins des peu-ples. Il chargea les plus jeunes de ses compagnons de réunir dans les car-refours des villes et dans les églises des campagnes, les gens du petitpeuple, pour les instruire des principales vérités de la religion et des obli-gations de leur état, tandis que lui-même se chargerait d’instruire lespersonnes de classes plus relevées.
Cependant il se présenta plusieurs prêtres qui voulurent partager ses
(I) Cel ascendant des femmes sur les hommes pour les ramener dans les bonnes voies ne doitpas nous étonner. Sainte Thérèse réformait les carmes, et, avant elle, sainte Colette avaitréformé les franciscains.
M. de Thémines, évêque de Blois, avait été le plus obstiné, et le dernier des évêques deFrance à se soumettre au concordai passé entre Pie Vil et le gouvernement français, en 1801.Il était à Bruxelles en 1829, et dangereusement malade. On ne savait que faire pour l’engager àrentrer dans le sein de l’Église et à faire sa soumission, comme l’avaient faite tous ses collèguesdans l’épiscopat.
Une demoiselle anglaise, catholique, se chargea de convertir l’évêque récalcitrant, et elle yréussit en une seule visite. Thémines se soumit, signa sa rétractation et fut enterré avec leshonneurs dus à son rang et à son caractère.
Ne sait-on pas que Dieu se sert ordinairement dos moyens les plus faibles pour opérer lesplus grands choses, selon ce que dit l’apôtre : Infirma mundi clegil Deus, ul confundal forlia ?(l Cor. I.)