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[2] (1845)
Entstehung
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106
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JOC

HISTOIRE ET COSTUMES

et y ayant connu quelques libertins, avec qui il se lia, il sy corrompitcomme eux.

Après un séjour de trois ans dans cette capitale, son père étant mort,ainsi quun de ses frères, qui était chanoine de Salon et possédait quel-ques bénéfices simples, il se fit tonsurer pour recueillir cet héritage defamille et en jouir à son aise, sans avoir aucunement lenvie dembrasserlétat ecclésiastique.

Il y avait en France, avant la révolution de 1789, un grand nombre debénéfices fondés autrefois à perpétuité par des particuliers en faveur deleur famille. Il fallait en être pour être apte à les posséder. Ces béné-fices servaient de dotations à des cadets de famille, qui ne pouvaientpas, ou ne voulaient pas se marier à une époque le droit daînesseexistait.

Pour être pourvu de ces bénéfices, qui nimposaient pas dautre obliga-tion que celle de réciter le bréviaire, il suffisait dêtre tonsuré. Les béné-fices à charge dâmes, comme les cures, ne pouvaient se donner quà desprêtres.

A la révolution, toutes ces fondations furent qualifiées dabus, etcomme tels on sen empara, malgré les réclamations des familles, quidemandaient quon leur rendît les biens de leurs ancêtres, puisquon man-quait aux conditions auxquelles ils les avaient donnés. Messieurs de laConstituante passèrent à lordre du jour sur toutes ces réclamations, par lagrande raison que « tous les biens de lÉglise étaient à la disposition de lanation. »

En héritant des bénéfices de son frère, César de Bus avait si peu lin-tention dentrer dans le clergé, quil songeait à se marier.

Mais le hasard, ou plutôt la Providence, voulut que de Bus fit, à Cavail-lon, la connaissance dune bonne veuve, femme pieuse qui habitait lacampagne, et dun sacristain dune des églises de cette ville. Ces deuxpersonnes entreprirent la conversion de cet homme égaré, et employèrenttous les moyens possibles pour le ramener à ses anciens sentiments. Dieuseconda leurs efforts : César fit une confession générale de sa vie passée,et rentra dans la pratique des devoirs de la vie chrétienne. On le vît re-chercher et soulager les pauvres, visiter et consoler les affligés; enfin sedévouer à tous les genres de bonnes œuvres.

Cest de lui-même quon tient tous les détails relatifs à sa conversion.