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HISTOIRE ET COSTUMES
fique tableau représentant la Madeleine, dont la figure est le portrait de laduchesse de la Vallière, morte carmélite dans le même couvent en 1710.
La congrégation de l’Oratoire eut les plus grands succès en France, ets’étendit aussi dans les pays voisins, comme la Belgique et la Savoie. Lesoratoriens avaient des établissements à Bruxelles, à Liège et à Soignies,où ils possédaient un collège assez florissant. Ils avaient trois maisons dansParis même.
Le général qui succéda au cardinal de Bérulle fut le père Condren,homme du plus grand mérite, qui refusa deux archevêchés et même lechapeau de cardinal pour se consacrer entièrement à la prospérité de sacongrégation. Il mourut en 1041 , et fut remplacé par un lioinme d’unégal mérite, le P. Bourgoing, auteur de plusieurs ouvrages de piété, et quigouverna sa congrégation jusqu’à sa mort arrivée en I 662. Ces deux chefs,remplis de l’esprit du fondateur, furent très-utiles à leur institut.
Deux hommes, non moins célèbres, illustrèrent cette congrégation. L’un,le P. Jean-Baptiste Gault, fut évêque de Marseille, et mourut en odeur desainteté en 1645, après avoir déployé le plus grand zèle pour adoucir lesort des forçats et les ramener aux vertus chrétiennes.
Le second est le P. Lejeune, qui fut un missionnaire distingué. Il perditla vue à l’âge de trente-cinq ans, et n’en continua pas moins ses coursesapostoliques dans la France jusqu’à l’âge de quatre-vingts ans. On l’appe-lait le père l’aveugle, et tous les évêques français l’entouraient d’une véné-ration profonde. Nous avons de lui dix volumes de sermons.
Au nombre des hommes illustres qui furent membres de cette congré-gation, il faut placer Mallebranche, le savant auteur de la Rechei'che dela vérité, Thomassin connu par sa Discipline ecclésiastique, qui est sonmeilleur ouvrage, et Massillon, évêque de Clermont, donl tout le mondeconnaît le Petit carême.
Il faut encore nommer Morin, un des hommes les plus savants qui aientécrit sur les matières bibliques, et qui avait abjuré l’hérésie entre lesmains du cardinal Duperron; et Houbigant, qui a aussi travaillé sur laBible, et est mort, en 1785, âgé de quatre-vingt-dix-sept ans.
Aux premiers généraux de l’Oratoire, qui étaient perpétuels, commenous l’avons dit, en succéda un qui abdiqua sa dignité en 1696. C’était leP. de Sainte-Marthe, d’une famille qui avait t . sieurs hommes
remarquables. Mais c’est sous lui que l’esprit de cette congrégation s’altéra.