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HISTOIRE ET COSTUMES
fondé depuis le monastère du Yal-de-Grâee. Ses premiers compagnonsfurent d’abord au nombre de cinq.
Les oratoriens ne faisaient point de vœux; ils n’étaient que prêtresséculiers et n’avaient point de règle écrite. Leur but était de former desecclésiastiques remplis des vertus de leur état et capables d’enseigner lespeuples. Leur général, qui était perpétuel, dirigeait leurs occupations etindiquait à chacun ce qu’il avait à faire. Du reste, ils étaient soumis auxordres de leurs évêques, comme les autres ecclésiastiques qu’ils assistaientdans leurs fonctions. Ils eurent dans la suite des collèges où ils enseignaientles lettres et la théologie. Ils dirigeaient aussi des séminaires. Celui deSaint-Magloire, à Paris, qui était celui du diocèse, était dirigé par lesoratoriens (1).
Tant qu’il vécut, le P. de Bérulle fut l’exemple de toute sa congréga-tion , et montra à ses disciples ce que doit être un prêtre rempli de l’es-prit de son état. Tous ses moments étaient consacrés à l’accomplissementdes devoirs qu’il s’était imposés, et ce fut bien malgré lui qu’il se vit obligéà rendre des services étrangers au but auquel il s’était dévoué. 11 ne puts’empêcher de prendre quelquefois part aux affaires générales du royaume,quand il croyait pouvoir y être utile. C’est ainsi qu’il s’employa à la récon-ciliation de Louis XIII, et de sa mère qui s’était retirée de la cour aprèsla mort de son favori le maréchal d’Ancre, assassiné de l’aveu du roi.
Peu après, il fut chargé d’aller demander à Rome les dispenses pourle mariage de la sœur de Louis XIII, Henriette de France, avecCharles P r , roi d’Angleterre. Il fit aussi parti du brillant cortègequi conduisit la nouvelle reine jusqu’à Boulogne (2), où elle s’em-
(1) U y avait, avant la révolution de 1789, dix séminaires à Paris. Quatre étaient dirigés parles sulpieiens ; c’étaient le grand et le petit séminaire de Saint-Sulpice, les robertius et la com-munauté de Laon, rue de la Montagne-Sainte-Geneviève. Les trois supérieurs de ce dernier ontété massacrés aux Carmes, le 2 septembre 1792. Le premier supérieur est mal désigné dans leslistes de ces massacres. Il s’appelait Vsalmon, et non Spalmon Le deuxième y est omis; c'étaitl’abbé Hourier, prêtre, né à Mailly, diocèse d’Amiens.
Un de ces séminaires a servi de prison avant les massacres : c’était celui de Saint-Firmin.Les prêtres qui y furent égorgés forment, avec celui de ceux qui étaient détenus aux Carmes,un nombre de cent quatre-vingt-dix-huit.
La Belgique fait, le 9 juillet, la fête de ses martyrs de Gorcum. La France sans doute auraaussi un jour où elle honorera ses martyrs du 2 septembre.
(2) Dans ce voyage, la jeune reine d’Angleterre lit à Amiens une entrée très brillante, escortéede cinq cents cavaliers, l’élite de la bourgeoisie, qui était allée à deux lieues au-devant d’elle.