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[2] (1845)
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HISTOIRE ET COSTUMES

fondé depuis le monastère du Yal-de-Grâee. Ses premiers compagnonsfurent dabord au nombre de cinq.

Les oratoriens ne faisaient point de vœux; ils nétaient que prêtresséculiers et navaient point de règle écrite. Leur but était de former desecclésiastiques remplis des vertus de leur état et capables denseigner lespeuples. Leur général, qui était perpétuel, dirigeait leurs occupations etindiquait à chacun ce quil avait à faire. Du reste, ils étaient soumis auxordres de leurs évêques, comme les autres ecclésiastiques quils assistaientdans leurs fonctions. Ils eurent dans la suite des collèges ils enseignaientles lettres et la théologie. Ils dirigeaient aussi des séminaires. Celui deSaint-Magloire, à Paris, qui était celui du diocèse, était dirigé par lesoratoriens (1).

Tant quil vécut, le P. de Bérulle fut lexemple de toute sa congréga-tion , et montra à ses disciples ce que doit être un prêtre rempli de les-prit de son état. Tous ses moments étaient consacrés à laccomplissementdes devoirs quil sétait imposés, et ce fut bien malgré lui quil se vit obligéà rendre des services étrangers au but auquel il sétait dévoué. 11 ne putsempêcher de prendre quelquefois part aux affaires générales du royaume,quand il croyait pouvoir y être utile. Cest ainsi quil semploya à la récon-ciliation de Louis XIII, et de sa mère qui sétait retirée de la cour aprèsla mort de son favori le maréchal dAncre, assassiné de laveu du roi.

Peu après, il fut chargé daller demander à Rome les dispenses pourle mariage de la sœur de Louis XIII, Henriette de France, avecCharles P r , roi dAngleterre. Il fit aussi parti du brillant cortègequi conduisit la nouvelle reine jusquà Boulogne (2), elle sem-

(1) U y avait, avant la révolution de 1789, dix séminaires à Paris. Quatre étaient dirigés parles sulpieiens ; cétaient le grand et le petit séminaire de Saint-Sulpice, les robertius et la com-munauté de Laon, rue de la Montagne-Sainte-Geneviève. Les trois supérieurs de ce dernier ontété massacrés aux Carmes, le 2 septembre 1792. Le premier supérieur est mal désigné dans leslistes de ces massacres. Il sappelait Vsalmon, et non Spalmon Le deuxième y est omis; c'étaitlabbé Hourier, prêtre, à Mailly, diocèse dAmiens.

Un de ces séminaires a servi de prison avant les massacres : cétait celui de Saint-Firmin.Les prêtres qui y furent égorgés forment, avec celui de ceux qui étaient détenus aux Carmes,un nombre de cent quatre-vingt-dix-huit.

La Belgique fait, le 9 juillet, la fête de ses martyrs de Gorcum. La France sans doute auraaussi un jour elle honorera ses martyrs du 2 septembre.

(2) Dans ce voyage, la jeune reine dAngleterre lit à Amiens une entrée très brillante, escortéede cinq cents cavaliers, lélite de la bourgeoisie, qui était allée à deux lieues au-devant delle.