HISTOIRE ET COSTUMES DES ORDRES RELIGIEUX.
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régime très-sévère, et, par une nouvelle conformité avec saint Philippe deNéri, son modèle, il reçut tous les ordres en une semaine. 11 voulait alorsse faire religieux, mais il en fut détourné par le provincial des jésuites,qui lui conseilla de rester dans l’état de prêtre séculier, où il pourrait êtreplus utile au salut des âmes.
Il suivit ce conseil, et se dévoua tout entier, tant à convertir les héré-tiques, qu’à épurer les mœurs des peuples et à travailler à l’instructiondu clergé. Partout où il y avait du bien à faire, on trouvait l’abbé deBérulle.
Nous avons vu, tome I er , page 12-4, que ce fut lui qu’une femme pieuse,M mc Acarie, avait engagé à aller chercher en Espagne six carmélites, pourétablir cet ordre en France. Son nom ne tarda pas à être connu, et il netint qu’à lui d’accepter plusieurs dignités qui lui furent offertes, entreautres celle de précepteur du dauphin, fils d’Henri IV, à laquelle ceprince voulait le nommer. D’après le projet qu’il avait d’établir une con-grégation semblable à celle de l’Oratoire, instituée par saint Philippe deNéri, pour remédier aux ravages qu’avait opérés l’hérésie en France sousles règnes précédents, il refusa tous les emplois qui pouvaient le détournerde ce but vers lequel il dirigeait toutes ses pensées.
Plusieurs personnes éminentes, comme le P. César de Bus, qui fondadepuis la congrégation des prêtres de la doctrine chrétienne; le cardinalde Joyeuse, archevêque de Rouen et légat du saint-siège, en France (1), etHenri de Gondi, cardinal et dernier évêque de Paris (2), l’encouragèrentet lui offrirent toutes sortes de services pour l’aider dans son entreprise.Ce fut en l’an 1611 que, par l’ordre exprès de l’évêque de Paris, l’abbéde Bérulle jeta les fondements de sa congrégation, dont le premier établis-sement fut, rue Saint-Jacques, à Paris, à l’hôtel du Petit-Bourbon, où fut
(1) Ce cardinal, d’une ancienne famille, en France, lui un prélat très-distingué de son temps.Il sacra lui-même Louis XIII, à Reims, en 1610, et présida les états généraux en 1614. 11mourut l’année suivante doyen des cardinaux, après avoir l'ail plusieurs fondations importantescomme celle d’un séminaire à Rouen, d’une maison pour les jésuites à Pontoise, et d’uneautre pour les pères de l’Oratoire à Dieppe. Il avait développé de grands talents dans desaffaires importantes sous les rois Henri III et Henri IV.
(2) Son frère, Jean-François de Gondi, qui lui succéda, fut le premier archevêque de Paris.L,e fameux cardinal de Retz, successeur de ce dernier, était son neveu, et n’esl que trop connupar le rôle qu’il joua pendant la Fronde, sous la minorité de Louis XIV.