DES ORDRES RELIGIEUX.
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Son vœu émis, il revient à la vie, et aussitôt il met ordre à ses affaires,rend compte à ses neveux de la gestion qu’il avait eue de leurs biens, sedépouille de la robe qui distinguait les nobles Vénitiens, et se revêt d’unhabit misérable, comme celui que portaient les hommes de la dernièreclasse du peuple. Un tel procédé paraît étrange. Les uns l’admirent, d’au-tres en rient; rien ne l’ébranle.
La famine, et la peste qui l’avait suivie, avaient fait beaucoup d’orphe-lins. Ces malheureux enfants erraient, abandonnés, dans les rues, pâleset mourant de faim. Jérôme a pitié de ces petits infortunés, et comme siune voix intérieure lui eût dit : Orphanis lu cris adjulor, il achète à Ve-nise une maison pour les y recevoir. Il allait les chercher dans les rues etles conduisait dans cet asile, où il leur procurait tous les secours néces-saires pour soutenir leur existence.
Cet établissement, par l’ordre qu’il y établit, obtint une approbationuniverselle, et il trouva des personnes qui l’aidèrent à en former d’autres.Ce fut comme un bon grain qui, confié à la terre, produisit au centuple.
De Venise, il alla ouvrir des asiles semblables à Vérone, à Brescia et àBcrgame. De plus, ayant trouvé, dans les environs de cette dernière ville,des plaines, où, faute de bras, la moisson ne pouvait se faire, il alla lui-même aider les paysans à faucher leurs blés, exposé aux ardeurs d’un so-leil brûlant. En travaillant avec eux, et pendant qu’ils prenaient leursrepas, il les instruisait de la doctrine chrétienne, par ses discours ou parde bonnes lectures.
Les compagnons qu’il avait associés à ses bonnes œuvres, et lui-même,n’étaient encore que de simples laïques, mais à Bergame, il trouva deuxprêtres riches, qui demandèrent à se joindre à lui, et lui offrirent tousleurs biens en faveur des orphelins qu’il secourait. Il les accepta, et fondadeux nouveaux établissements à Côme, des bienfaits d’un riche particulier,nommé Odescalchi (I), qui dans la suite se fit agréger à sa congrégation.
Il était question alors de donner une forme k leur association, et dechoisir un chef-lieu. Us prirent le parti de l’établir dans un village situéentre Milan et Bergame, appelé Somasque, d’où leur est venu le nom declercs réguliers somnsques.
(I) Ile nos jours un illustre cardinal de ce nom, a quitté la pourpre romaine pour entrerdans la compagnie île Jésus.
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