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l'eu à peu la réputation de Bélliencourt s’étendit. Les autorités civileset ecclésiastiques favorisèrent son établissement; les personnes charitableslui fournirent des secours, et le mirent en état de construire un hôpitalspacieux, auquel il travailla lui-même, mêlé aux ouvriers. On vit bientôts’élever un bâtiment imposant, avec un cloître, un dortoir et un oratoire.11 reçut alors des compagnons qui vinrent s’offrir à lui, et. il en formaune congrégation nouvelle qu’on appela les belkléémiles , du nom de leurhôpital, qui était dédié à Notre-Dame de Bethléem.
Le soin des malades ne lui fit pas oublier celui des cillants, pour qui ilétablit une école dans son hôpital (I). Deux autres hôpitaux de la ville,quoique fort éloignés du sien, éprouvaient encore sa charité: il leur portaitdes secours. B visitait les prisonniers, demandait l’aumône pour eux etles consolait. Ses frères allaient aussi, par ses ordres, quêter pour lesâmes du purgatoire, pour lesquelles il faisait dire des messes, et il allaitla nuit, par les rues, une sonnette à la main, pour les recommander auxprières des fidèles (2). Ses austérités, sa ferveur, tout était surprenant; àpeine s’accordait-il le temps de dormir. Le vendredi saint, il portait surses épaules une croix très-pesante, qui fut longtemps conservée dans sonhôpital, en mémoire de sa dévotion.
Tout entier à ses devoirs de charité, et s’oubliant lui-même, il fut atta-qué, en I6G7, d’une fluxion de poitrine, et ayant négligé les premiersremèdes, son état empira et il fut obligé de se mettre au lit : mais il étaittrop tard. Le mal se trouva sans remède, et il mourut à quarante-huit ans.Dès qu’il eut fermé les yeux, toute la ville en fut instruite, et l’on ac-
(1) (I n’est rien de si commun aujourd’hui <|iie d’entendre accuser les calholii|iies et leursprêtres d’être ennemis des lumières et amis de Vobscurantisme Cependant nous avons faitvoir, en parlant des bénédictins, combien celle société a servi à éclairer le inonde. Les jésuitessont assez connus par les services qu’ils ont rendus aux sciences Le premier cnil, ge élevé àBruxelles le fut par les clercs de la vie commune, dont l’église est aujourd'hui celle des Iiichcs-Claires Les augustins y donnaient aussi des leçons publiques C’est à Hoberl Sorbon , confes-seur de saint Louis, que le premier établissement scientifique de Paris doit son origine. Lacommunauté des prêtres de Saint-Lazare n’existait que pour l’instruction des pauvres gens descampagnes. Qui est ce qui, dans nos villages,apprenait anxenlants à lire et à chiffrer? N’élaï:-cepas le clerc, sous les ordres du curé, dont il était en même temps le sacristain et le premierchantre? El c’est en présence de pareils laits que des ignorants osent accuser le catholicismede favoriser l’obscurantisme!
(2) Cet usage existe encore dans quelques villes d’Allemagne, où un crieur public parcourtles rues pendant la nuit, invitant à haute voix les vivants à prier pour les morts.