DES ORDRES RELIGIEUX.
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Tandis que la charité chrétienne ouvrait, à Nanci, un asile aux femmesflétries par le vice, le même sentiment en offrait un, à Paris, aux femmesindigentes atteintes de maladies corporelles.
Ici la fondatrice n’est pas une femme née dans les hautes classes de lasociété et jouissant d’une honnête aisance. C’est, au contraire, une femmesortie des dernières classes du peuple, et qui, ayant éprouvé la misère,saura mieux qu’une autre compatir aux maux des misérables.
Simone Ganguin, née au village de Pâté, au diocèse d’Orléans, deparents pauvres, gardait les moutons. ,A sa pauvreté se joignait un autremalheur, c’était d’être maltraitée par sa mère, qui ne pouvait la souffrir.Heureusement la dame, femme du seigneur de Pâté, touchée du sortmalheureux de cette jeune fdle, en qui elle remarquait un grand nombrede bonnes qualités, se chargea d’elle et prit soin de son éducation.
Quand elle fut en âge de prendre un état, elle demanda à entrer dansun couvent, où elle pût soulager les malheureux, au nombre desquels elles’était vue si longtemps placée elle-même. Mais la communauté dans laquelleelle était entrée s’étant dispersée par suite de circonstances malheureuses,elle vint à Paris avec quatre de ses compagnes.
Réfugiées dans le faubourg Saint-Germain, et ne vivant que d’aumônes,ces bonnes fdles partageaient leur temps entre la prière et le soin desmalades. Bientôt elles furent connues, et elles conçurent l’idée de fonder,dans Paris, un hôpital où l’on ne recevrait que des femmes, établissementqui manquait encore dans cette grande capitale. Elles s’obligèrent, par unvœu particulier, à soigner les malades. *
Aidée de la protection de la reine Anne d’Autriche, Simone Ganguin,qui avait pris le nom de Marie-Françoise de la Croix, fonda une maisonprès de celle des minimes de la place Royale, et y jeta, en 1624, les fon-dements de l’ordre des hospitalières de la Charité Notre-Dame. Peu detemps après, la maison fut agrandie par les libéralités d’une femme richeet pieuse, et, en l’année 1629, l’établissement étant complet, les nouvelleshospitalières prononcèrent solennellement leurs vœux. L’année précédente,la mère Marie-Françoise de la Croix avait déjà fondé une seconde maisonà la Rochelle. Elle en forma une troisième à Paris, au faubourg Saint-Antoine, qu’on appela les hospitalières de la Roquette. Il y avait, danschacun de ces deux hôpitaux de Paris, au moins vingt lits où l’on recevaitgratuitement les pauvres femmes malades. Ces deux établissements ont