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[2] (1845)
Entstehung
Seite
79
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DES ORDRES RELIGIEUX.

7 !)

Tandis que la charité chrétienne ouvrait, à Nanci, un asile aux femmesflétries par le vice, le même sentiment en offrait un, à Paris, aux femmesindigentes atteintes de maladies corporelles.

Ici la fondatrice nest pas une femme née dans les hautes classes de lasociété et jouissant dune honnête aisance. Cest, au contraire, une femmesortie des dernières classes du peuple, et qui, ayant éprouvé la misère,saura mieux quune autre compatir aux maux des misérables.

Simone Ganguin, née au village de Pâté, au diocèse dOrléans, deparents pauvres, gardait les moutons. ,A sa pauvreté se joignait un autremalheur, cétait dêtre maltraitée par sa mère, qui ne pouvait la souffrir.Heureusement la dame, femme du seigneur de Pâté, touchée du sortmalheureux de cette jeune fdle, en qui elle remarquait un grand nombrede bonnes qualités, se chargea delle et prit soin de son éducation.

Quand elle fut en âge de prendre un état, elle demanda à entrer dansun couvent, elle pût soulager les malheureux, au nombre desquels ellesétait vue si longtemps placée elle-même. Mais la communauté dans laquelleelle était entrée sétant dispersée par suite de circonstances malheureuses,elle vint à Paris avec quatre de ses compagnes.

Réfugiées dans le faubourg Saint-Germain, et ne vivant que daumônes,ces bonnes fdles partageaient leur temps entre la prière et le soin desmalades. Bientôt elles furent connues, et elles conçurent lidée de fonder,dans Paris, un hôpital lon ne recevrait que des femmes, établissementqui manquait encore dans cette grande capitale. Elles sobligèrent, par unvœu particulier, à soigner les malades. *

Aidée de la protection de la reine Anne dAutriche, Simone Ganguin,qui avait pris le nom de Marie-Françoise de la Croix, fonda une maisonprès de celle des minimes de la place Royale, et y jeta, en 1624, les fon-dements de lordre des hospitalières de la Charité Notre-Dame. Peu detemps après, la maison fut agrandie par les libéralités dune femme richeet pieuse, et, en lannée 1629, létablissement étant complet, les nouvelleshospitalières prononcèrent solennellement leurs vœux. Lannée précédente,la mère Marie-Françoise de la Croix avait déjà fondé une seconde maisonà la Rochelle. Elle en forma une troisième à Paris, au faubourg Saint-Antoine, quon appela les hospitalières de la Roquette. Il y avait, danschacun de ces deux hôpitaux de Paris, au moins vingt lits lon recevaitgratuitement les pauvres femmes malades. Ces deux établissements ont