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HISTOIRE ET COSTUMES DES ORDRES RELIGIEUX,
été détruits à la révolution de 1789, et sont aujourd’hui employés à desfilatures. Ainsi les spéculations du commerce y ont remplacé les œuvresde la charité.
Les hospitalières de la Charité Notre-Dame suivaient la règle de Saint-Augustin. Elles avaient des maisons à Toulouse, à Béziers, à Bourg enBresse, à Saint-Étienne, et à Pâté, lieu de naissance de la fondatrice, quimourut en 1655. 0
Il se forma aussi à Loches, vers l’an 1611, un hôpital qui devint lechef-lieu de beaucoup d’autres qui s’élevèrent en France. Loches est unepetite ville sur l’Indre, à dix lieues de Tours.
Cet établissement eut pour auteur la sœur Suzanne Dubois, religieusede l’Hôtel-Dieu de Senlis, à dix lieues de Paris. On ignore ce qui amenasœur Suzanne à Loches; mais s’y trouvant, elle se mit à recueillir dans unhospice de pauvres malades quelle soignait elle-même, vivant comme ellepouvait des aumônes qu’on lui donnait.
Le maire et les échevins de la ville, édifiés de sa charité, demandèrentaux autorités ecclésiastiques, pour cette sainte fille, la permission de resterà Loches pour y continuer le bien quelle y faisait. L’évêque de Senlis etl’archevêque de Tours y consentirent. Sœur Suzanne étant morte en 1626,ses compagnes continuèrent son œuvre. Elles furent aidées par des per-sonnes pieuses. On leur procura un emplacement suffisant et des revenuspour vivre. On fit venir de Paris des religieuses hospitalières pour lesformer aux exercices de leur profession, et en 1629 l’établissement setrouva formé. *
Les pauvres malades y furent reçus et soignés. Le nombre des hospita-lières s’accrut, et elles purent envoyer des colonies qui s’établirent dansun grand nombre de villes de France, comme Clermont, Riom, Arles,Grenoble, Poitiers, etc.
Ces religieuses de la congrégation de Loches, outre les trois vœuxordinaires, faisaient celui de servir les pauvres et de garder la clôture.
Leur robe était blanche, serrée d’une ceinture de cuir, et par-dessus unscapulaire blanc. Les jours de fêtes, elles portaient une robe noire. Au jourde leur profession, on leur mettait sur la tête une couronne d’épines, sym-bole de la vie quelles embrassaient, vie de dévouement et de privations.La même couronne était placée sur leur tête quand on les enterrait, commepour attester quelles n’avaient passé sur la terre que pour y souffrir.