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rencontrer deux malheureuses filles engagées dans la débauche, mais quidésiraient changer de vie; que ce qui les retenait encore dans le vice,c’était qu’elles manquaient d’asile, et n’en avaient point d’autre que celuiqui était le théâtre de leurs désordres. A celte nouvelle, M mc Dubois n’hésitapas à offrir sa propre maison à ces malheureuses, pour les retirer de ladébauche. Il lui en arriva encore d’autres, quelle reçut chez elle, sans semettre en peine des propos que le monde en tiendrait. Elle les nourrit,leur donna des vêtements décents, et les servait elle-même, à l’aide de sestrois filles, dont l’aînée n’avait que quinze ans.
L’évêque de Toul applaudit à la bonne œuvre entreprise par M m,; Dubois.Il lui conseilla de former, de toutes les filles qu’elle avait retirées du vice,une communauté religieuse. On prit, pour les gouverner, quelques filleshonnêtes. Celles qui, parmi les repenties, montrèrent le plus de piété etde vertus, furent admises comme religieuses, et les autres restèrent dansla maison comme filles réfugiées.
M me Dubois, ses trois filles et quinze ou seize autres personnes de condi-tion, prirent elles-mêmes l’habit de religion dans ce nouvel ordre, qui futapprouvé la même année par le pape Urbain VIII. Son nom de religionfut celui de Marie-Élisabeth de la Croix de Jésus, et son ordre fut appeléde celui de Noire-Dame du Refuge.
De la première maison, formée à Nanci, en sortirent d’autres, qui furentélevées à Avignon, à Toulouse, à Arles, à Montpellier, à Besançon, àRouen, etc.
La mère Élisabeth de la Croix, après avoir établi l’ordre du Refuge ety avoir donné l’exemple des plus hautes vertus, mourut à Nanci, en 1649,à cinquante-six ans. Son cœur fut envoyé à la maison d’Avignon, quelleavait fondée elle-même.
On recevait dans l’ordre du Refuge trois espèces de personnes : d’aborddes fdles sans reproches et sans tache; en second lieu, les fdles qui, aprèsavoir vécu dans le désordre, étaient touchées de repentir et demandaientà faire pénitence; enfin celles qui y entraient, de gré ou de force, sansavoir envie de s’y faire religieuses. Ces dernières habitaient un quartierséparé, et y vivaient sous la dépendance des autres. Le nombre des filleshonnêtes qu’on y recevait était fixé de manière qu’il se trouvât toujoursplace pour la réception des pénitentes qui se présenteraient, puisquec’était pour leur bien particulier que l’ordre avait été institué.