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[2] (1845)
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rencontrer deux malheureuses filles engagées dans la débauche, mais quidésiraient changer de vie; que ce qui les retenait encore dans le vice,cétait quelles manquaient dasile, et nen avaient point dautre que celuiqui était le théâtre de leurs désordres. A celte nouvelle, M mc Dubois nhésitapas à offrir sa propre maison à ces malheureuses, pour les retirer de ladébauche. Il lui en arriva encore dautres, quelle reçut chez elle, sans semettre en peine des propos que le monde en tiendrait. Elle les nourrit,leur donna des vêtements décents, et les servait elle-même, à laide de sestrois filles, dont laînée navait que quinze ans.

Lévêque de Toul applaudit à la bonne œuvre entreprise par M m,; Dubois.Il lui conseilla de former, de toutes les filles quelle avait retirées du vice,une communauté religieuse. On prit, pour les gouverner, quelques filleshonnêtes. Celles qui, parmi les repenties, montrèrent le plus de piété etde vertus, furent admises comme religieuses, et les autres restèrent dansla maison comme filles réfugiées.

M me Dubois, ses trois filles et quinze ou seize autres personnes de condi-tion, prirent elles-mêmes lhabit de religion dans ce nouvel ordre, qui futapprouvé la même année par le pape Urbain VIII. Son nom de religionfut celui de Marie-Élisabeth de la Croix de Jésus, et son ordre fut appeléde celui de Noire-Dame du Refuge.

De la première maison, formée à Nanci, en sortirent dautres, qui furentélevées à Avignon, à Toulouse, à Arles, à Montpellier, à Besançon, àRouen, etc.

La mère Élisabeth de la Croix, après avoir établi lordre du Refuge ety avoir donné lexemple des plus hautes vertus, mourut à Nanci, en 1649,à cinquante-six ans. Son cœur fut envoyé à la maison dAvignon, quelleavait fondée elle-même.

On recevait dans lordre du Refuge trois espèces de personnes : daborddes fdles sans reproches et sans tache; en second lieu, les fdles qui, aprèsavoir vécu dans le désordre, étaient touchées de repentir et demandaientà faire pénitence; enfin celles qui y entraient, de gré ou de force, sansavoir envie de sy faire religieuses. Ces dernières habitaient un quartierséparé, et y vivaient sous la dépendance des autres. Le nombre des filleshonnêtes quon y recevait était fixé de manière quil se trouvât toujoursplace pour la réception des pénitentes qui se présenteraient, puisquecétait pour leur bien particulier que lordre avait été institué.