DES OIUMiES RELIGIEUX.
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tyran encore plus barbare que ne l’avaient été son père et sa mère.
M. Dubois (c’était ainsi que s’appelait cet être détestable) semblait s’êtrefait une étude d’accabler sa femme de toutes sortes d’outrages.
D’abord, il lui ôte toute inspection dans l’économie domestique; affecte,en sa présence, et pour la mortifier, des préférences pour des femmesétrangères; de là, il passe aux mauvais traitements; il fait aller sa femmeà pied, dans ses voyages, tandis que lui est monté sur un bon cheval;d’autres fois, il la fait monter elle-même sur des chevaux fougueux, mêmependant qu’elle est grosse; ou bien il l’oblige à traverser, sur un mauvaischeval, des rivières où elle court risque de périr. 11 arriva même un jour,qu’entraînée par le courant, elle était perdue, si quelques paysans n’étaientvenus à son secours et ne l’eussent retirée de l’eau.
Les domestiques, témoins de l’aversion de leur maître pour sa femme,croyaient lui plaire en tourmentant eux-mêmes leur maîtresse.
M. Dubois avait une fille de son premier mariage. Cette misérable créa-ture s’entendait avec son père pour abreuver sa belle-mère de chagrins, etelle alla même jusqu’à l’empoisonner. M me Dubois manqua en mourir, etn’échappa que par une espèce de miracle.
Dans une position aussi affreuse, cette épouse infortunée ne se per-mettait aucune plainte. Soumise, résignée à son sort, Dieu seul étaittémoin de ses larmes. Elle avait, pour son indigne époux, les égards, lessoins les plus tendres. Était-il malade? elle ne le quittait pas, accom-plissait ses moindres volontés, et lui présentait elle-même tous les remèdesdont il avait besoin.
Tant de vertus amollirent enfin ce cœur de bronze : il rougit de ses pro-cédés envers une femme aussi respectable; il changea son humeur, pritdes manières plus douces, devint l’ami des pauvres, et, après avoir faitpénitence de sa vie précédente, il mourut en chrétien en 1G1 G.
M me Dubois se trouva veuve à vingt-trois ans et chargée de trois filles.On lui conseillait de se remarier; plusieurs partis s’étaient même présentés.Elle les refusa tous, et se dévoua entièrement à la vie religieuse, pourlaquelle elle avait toujours eu du penchant. Elle fut d’abord embarrasséesur le choix de l’ordre où elle ferait ses vœux. Une occasion vint fixer sesincertitudes.
Elle habitait Nanei depuis la mort de son mari. En 1624, une demoi-selle pieuse, qui connaissait sa grande charité, lui dit qu’elle vient de