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[2] (1845)
Entstehung
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DES OltDKES DELICIEUX.

7.7

Lépoque la plus heureuse de la mission fut le règne de lempereurCang-hi ; cest alors que les jésuites jouirent de la plus grande faveur.Cang-hi était monté sur le trône en 16G3, et régna jusquen 1722. Il voulutlui-même prendre des leçons de mathématiques, et passa quatre à cinqans dans cette étude, qui lui plaisait beaucoup. Il samusait à répéter auxmandarins de sa cour les leçons quil recevait des missionnaires, qui com-posèrent exprès pour lui plusieurs livres de sciences, et traduisirent enchinois les meilleurs ouvrages connus alors. Il leur avait donné, dans lin-térieur de son palais, un terrain pour y bâtir une église, dont il fit lui-même les frais, et voulut quun mandarin fût chargé de surveiller lestravaux, pour quon sût que cétait lui qui avait tout ordonné.

La haute protection dont il honorait les jésuites déplut aux censeurs delempire, qui lui en firent des plaintes. Il leur ferma la bouche par cesparoles : « Que voulez-vous? Ces gens me rendent de grands services : ils» 11 e veulent pas accepter dargent; la seule chose qui leur tient au cœur,» est leur religion. Je nai pas dautre moyen de les récompenser que de» leur bâtir une église. ®

Ces pères profitaient de la faveur de lempereur pour prêcher eux-mêmes lÉvangile à Pékin, ils eurent jusquà trois églises, et pour pro-téger ceux de leurs confrères qui étaient répandus dans les provinces, etquinquiétaient souvent les gouverneurs ennemis du christianisme (1).

Les plus savants dentre eux étaient en relation avec Fontenelle, Delillcet autres académiciens, à qui ils envoyaient des documents précieux surlhistoire et les productions de la Chine. Les Lettres édifiantes resterontpour attester les services immenses quils ont rendus aux sciences. Onnoubliera jamais les noms des pères Verbiest, Parennin, Bouvet, Ger-billon, Gaubil, etc., que lempereur menait avec lui dans ses voyages, etqui lui servirent plus dune fois de négociateurs dans ses démêlés avecles Russes. De plus, leur crédit à la cour était une ressource précieusepour les négociants français, souvent exposés aux injustices des vice-roischinois.

Le zèle de ces missionnaires était au-dessus de tout éloge. On connaît

(I) Les préjugés des Chinois idolâtres contre les missionnaires étaient aussi ridicules queceux quavaient les païens conlre les premiers chrétiens. Ils disaient, à propos de la cérémoniede lexlréme-onction, que les jésuites arrachaient les yeux des mourants pour en faire deslunettes.

II

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