DES OltDKES DELICIEUX.
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L’époque la plus heureuse de la mission fut le règne de l’empereurCang-hi ; c’est alors que les jésuites jouirent de la plus grande faveur.Cang-hi était monté sur le trône en 16G3, et régna jusqu’en 1722. Il voulutlui-même prendre des leçons de mathématiques, et passa quatre à cinqans dans cette étude, qui lui plaisait beaucoup. Il s’amusait à répéter auxmandarins de sa cour les leçons qu’il recevait des missionnaires, qui com-posèrent exprès pour lui plusieurs livres de sciences, et traduisirent enchinois les meilleurs ouvrages connus alors. Il leur avait donné, dans l’in-térieur de son palais, un terrain pour y bâtir une église, dont il fit lui-même les frais, et voulut qu’un mandarin fût chargé de surveiller lestravaux, pour qu’on sût que c’était lui qui avait tout ordonné.
La haute protection dont il honorait les jésuites déplut aux censeurs del’empire, qui lui en firent des plaintes. Il leur ferma la bouche par cesparoles : « Que voulez-vous? Ces gens me rendent de grands services : ils» 11 e veulent pas accepter d’argent; la seule chose qui leur tient au cœur,» est leur religion. Je n’ai pas d’autre moyen de les récompenser que de» leur bâtir une église. ®
Ces pères profitaient de la faveur de l’empereur pour prêcher eux-mêmes l’Évangile à Pékin, où ils eurent jusqu’à trois églises, et pour pro-téger ceux de leurs confrères qui étaient répandus dans les provinces, etqu’inquiétaient souvent les gouverneurs ennemis du christianisme (1).
Les plus savants d’entre eux étaient en relation avec Fontenelle, Delillcet autres académiciens, à qui ils envoyaient des documents précieux surl’histoire et les productions de la Chine. Les Lettres édifiantes resterontpour attester les services immenses qu’ils ont rendus aux sciences. Onn’oubliera jamais les noms des pères Verbiest, Parennin, Bouvet, Ger-billon, Gaubil, etc., que l’empereur menait avec lui dans ses voyages, etqui lui servirent plus d’une fois de négociateurs dans ses démêlés avecles Russes. De plus, leur crédit à la cour était une ressource précieusepour les négociants français, souvent exposés aux injustices des vice-roischinois.
Le zèle de ces missionnaires était au-dessus de tout éloge. On connaît
(I) Les préjugés des Chinois idolâtres contre les missionnaires étaient aussi ridicules queceux qu’avaient les païens conlre les premiers chrétiens. Ils disaient, à propos de la cérémoniede l’exlréme-onction, que les jésuites arrachaient les yeux des mourants pour en faire deslunettes.
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