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HISTOIRE ET COSTUMES DES ORDRES RELIGIEUX.
la barbare coutume des Chinois d’exposer leurs enfants nouveau-nés oude les jeter à la rivière : les jésuites en sauvaient à peu près trois mille paran, à Pékin. Ils payaient pour cela des chrétiens qui s’attachaient à euxcomme catéchistes, et qui, tous les matins, baptisaient et ramassaient cesinfortunés. Ils plaçaient ceux qui survivaient chez des chrétiens, et leurprocuraient même des nourrices. Ils employaient à cela les aumônes qu’ilsrecevaient de l’Europe, et y consacraient souvent leurs propres ressources.
Les missionnaires furent moins heureux sous les successeurs de Gang-hi.Us essuyèrent une persécution qui dura longtemps et fit bannir ceux quiprêchaient dans les provinces. Us furent relégués à Macao et à Canton.Plusieurs furent mis à mort, ainsi qu’un évêque. Néanmoins ceux de Pékinfurent épargnés, à cause du besoin qu’on avait d’eux. Us en profitèrentpour adoucir, autant qu’ils le pouvaient, le sort de leurs malheureuxconfrères.
Lord Macartney, qui alla en Chine en 1795, n’y trouva plus de jésuites :ils étaient supprimés depuis trente ans; mais il y vit leurs successeurs, leslazaristes et autres religieux. On lira ici avec plaisir ce qu’il dit de cesmissionnaires, fidèles imitateurs de leurs devanciers.
« C’est un singulier spectacle, que celui d’hommes abjurant pour jamais» leur patrie, renonçant à leur famille, se dévouant pour le reste de leurs» jours à la tâche pénible de changer la croyance d’un peuple qui leur» était inconnu. Dans cette carrière, ils s’exposent d’abord à une foule de» dangers, de persécutions et de désagréments; mais à force d’adresse,» de talent, de persévérance, d’humilité, d’application à des études, à des» arts, qui, jusque-là, leur étaient étrangers, ils parviennent à se faire» connaître et à mériter une honorable protection. Ils triomphent du» malheur d’être étrangers dans une contrée où la plupart de ces derniers» sont proscrits, où l’on vous fait un crime d’avoir abandonné la tombe» de vos pères. Enfin ils obtiennent le droit de fonder des établissements» nécessaires à la propagation de la foi, sans se ménager pour eux-» mêmes aucun avantage. » ( Voyage à la Chine de lord Macartney.)