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IIISTOIKE ET COSTUMES
quelques rêveurs, d’une date plus récente, attendaient et s’apprêtaient àannoncer au monde?
Ignace ouvrit à Rome plusieurs établissements pieux consacrés à toutessortes de besoins; il envoya des missionnaires aux Indes, en Afrique, enAmérique, et deux de ses compagnons parurent avec éclat au concile deTrente. En 1546 et années suivantes, les jésuites eurent des collèges dansles principales villes de l’Europe; et partout, tandis que les uns allaientau loin instruire les peuples idolâtres, les autres instruisaient en Europe,la jeunesse chrétienne.
Ignace gouverna son ordre pendant quinze ans, l’animant de son esprit,et suivant, pour ainsi dire, de l’œil tous les ouvriers évangéliques quitravaillaient sous ses ordres jusqu’aux extrémités du monde.
Cet homme extraordinaire mourut le 31 juillet 1556, à l’âge de soixante-cinq ans, et fut canonisé en 1622 par Grégoire XV.
Saint François Xavier, après avoir fait des conversions innombrablesdans l’Inde, se proposait de pénétrer jusque dans la Chine, et il en prenaitdéjà le chemin; mais, nouveau Moïse, il ne put saluer que de loin cetteterre promise : il mourut dans l’ile de Sancian, en 1552.
Le premier t^ui put pénétrer jusqu’à Pékin, fut le père Ricci, Italien,qui fut, par conséquent, le fondateur de la mission de la Chine, où ilmourut en 1610. Il lui fallut bien de l’adresse pour s’introduire chez un 1peuple si défiant envers les étrangers, à qui il ne permettait pas alors defranchir la frontière, et qui les forçait à s’arrêter à la porte de l’empire.Cette nation singulière vivait comme renfermée dans un vaste cloître, dontCanton était le parloir.
C’est comme mathématiciens, artistes et mécaniciens, que les jésuitesétaient reçus dans la capitale de la Chine. Les empereurs avaient un grandgoût pour les sciences exactes, et ne pouvaient se passer de ces étrangers,qui seuls possédaient les talents dont ces souverains faisaient tant decas (1).
Les jésuites avaient jugé à propos, dans un pays si peu hospitalier, dequitter le costume européen, et de s’habiller exactement comme les indi-gènes : leurs manières ne les faisaient déjà que trop reconnaître.
(1) Un missionnaire mandait à un de ses correspondants en Europe . qu’il n’avait jamaistrouvé d’esprits aussi lents que ceux des Chinois, qu’il leur t'allait un mois pour comprendrece qu’un Français leur expliquerait en une heure.