DES ORDRES RELIGIEUX.
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Enfin il forma le projet d’aller à Paris pour y recommencer ses études.Il y arriva en 1528, et y passa deux ans à étudier la langue latine à l’aidedes secours que lui procuraient ses amis, et des aumônes qu’il recueillait.Il demeura d’abord au collège de Montaigu et ensuite à celui de Sainte-Barbe, où il fit son cours de philosophie. Après avoir reçu le grade demaître ès-arts, il entra en théologie chez les dominicains.
C’est à cette époque qu’il fit la connaissance de quelques professeurset écoliers de l’université, à qui il communiqua ses desseins et savocation. Un des plus instruits était François Xavier, professeur enphilosophie.
Il se trouva bientôt avoir six compagnons animés du même esprit quelui, et résolus d’aller prêcher l’Évangile dans les pays infidèles.
Quand leurs études furent achevées, en l’année 1554, ils se réunirenttous dans une chapelle souterraine à Montmartre, près Paris. Un d’eux,qui était prêtre, Pierre Lefèvre, dit la messe; ils y communièrent tous etprononcèrent leurs vœux.
En 1556 ils se réunirent à Venise, au nombre de dix, prirent le nomde compagnie de Jésus, et allèrent à Rome offrir leurs services au papePaul III. Deux ans après, ils renouvelèrent leurs vœux, auxquels ils ajou-tèrent celui d’aller prêcher partout où le souverain pontife les enverrait,dussent-ils y aller en demandant l’aumône.
En ce temps, le roi de Portugal ayant demandé un missionnaire pourles Indes, Ignace lui donna François Xavier, qui fut le premier apôtre decette contrée. En 1540, Paul III approuva le nouvel institut, et Ignaceen fut nommé supérieur général.
L’ordre s’accrut rapidement. Des personnages distingués vinrent à Romepour être membres d’une société dont la renommée se répandait partout.Un seul, et peut-être le plus savant, trompa l’attente que ses talents avaientfait concevoir sur son avenir. C’était un nommé Postel, né en Normandie,homme très-instruit, mais que la lecture des ouvrages hétérodoxes per-vertit. Chassé pour cela de la compagnie, il se mit à dogmatiser. Ce vision-naire trouva, à Venise, une vieille religieuse dans laquelle il crut voir unêtre surnaturel, au point qu’il publia, à son sujet, un écrit sous le titrede Virgo Venela, où il soutenait qu’à la fin du monde elle viendrait racheterles femmes, comme Jésus-Christ avait racheté les hommes. Cette femmeincomparable, révélée à Postel, ne serait-elle pas le type de celle que