66
HISTOIRE ET COSTUMES
même se dévouer aux soins des pestiférés dans l’hôpital Saint-Louis. Elley rendit les plus grands services, sans craindre les dangers auxquels elleétait exposée, et y introduisit de grandes améliorations dans le traitementdes malades.
La peste finie, elle revint à l’Hôtel-Dieu, où elle fut chargée de l’apothi-cairerie. Dans ce nouvel emploi, la mère Bouquet, toujours la même,amena des perfectionnements dans la confection et l’administration desmédicaments. Les malades furent mieux soignés, mieux habillés, et chacund’eux, au besoin, eut une sœur pour veiller à ses côtés, comme un angegardien.
Elle fit rédiger en même temps par les supérieurs un règlement, tantpour la conduite des religieuses que pour la police des malades. Enfin elleeut la gloire d’établir l’ordre le plus parfait dans ce vaste établissement,et elle peut passer pour avoir été la réformatrice de l’Hôtel-Dieu. Sonexemple prouvera qu’une seule personne vaut souvent mieux qu’unconseil, si nombreux qu’on le suppose, pour améliorer, perfectionner etchanger la marche des choses, et les conduire au bien.
Cette femme de mérite mourut subitement en 1GG5, au moment où elleallait à l’église à la tête de sa communauté.
L’Hôtel-Dieu de Paris est construit sur la Seine, qui le traverse sousune voûte qui la couvre dans toute la longueur des bâtiments. Les reli-gieuses sont habillées en noir, mais elles mettent par-dessus une robe detoile blanche pour être auprès des malades. Dans les cérémonies, ellesportent une robe noire recouverte d’un manteau.
On a vu autrefois des femmes de la plus haute noblesse venir elles-mêmes à l’Hôtel-Dieu, pour y servir les malades par dévotion. On citeparmi elles une fille du marquis d’Oraison, nommée Marthe, d’une familledistinguée de Provence, qui vint s’y établir pour soigner les malheureux,et y mourut, en 1G27, dans l’exercice de ces pieuses fonctions.
Ce nom de Marthe nous rappelle cette bonne sœur Marthe (Anne Bizet),cette femme angélique, onodèle de la charité chrétienne, qui, de nos jours,tandis que la France était envahie par les armées combinées de presquetoutes les nations de l’Europe, prodiguait ses secours à tous les soldatsblessés, de quelque pays qu’ils fussent, ne voyant en eux que des mal-heureux que Dieu confiait à ses soins.
Cette bonne sœur Marthe, née, comme Jeanne d’Arc, dans les provinces