ORS ORDRES RELIGIEUX
Les frères et sœurs qui desservaient l’IIôlel-Dieu avaient une singulièreobligation : c’était de porter les reliques de la chapelle du roi, dans le lieuoù il se trouvait, aux quatre grandes fêtes de l’année, fût-ce même à trentelieues de Paris. Cela se voit par un âcte de l’an 1522, passé entre le roiCharles IV, dit le Bel, et les administrateurs de l’Hôtel-Dieu; le roi leurdevait pour cela cent charretées de bois de chauffage.
Par la suite des temps, il n’y eut plus de frères dans l’Hôtel-Dieu; iln’y resta que des religieuses, dont le nombre fut fixé, en 1555, par lechapitre de Notre-Dame, à quarante, avec autant de novices pour servirles malades; et à mesure que le nombre de ces derniers augmentait, on enrecevait cent, et même davantage s’il était nécessaire. Elles ne faisaientleurs vœux qu’après un noviciat de douze ans, qui fut réduit à sept ansen 1656.
Le bel ordre qui règne dans cet hôpital, et qui en fait l’établissementle plus utile à la religion et à l’humanité, est l’ouvrage d’une femme quenous ne pouvons nous dispenser de citer : c’est Geneviève Bouquet, quiportait dans cette maison le nom de sœur du saint nom de Jésus.
Elle était fille d’un orfèvre de Paris, et était née en 1591. Elle avaitété élevée à la cour de la reine Marguerite de Valois, première femme deHenri IV; mais ses goûts ne s’accommodant point de ceux du grand monde,elle revint chez ses parents ; prit, à vingt-deux ans, le voile parmi les reli-gieuses de l’Hôtel-Dieu, et y fit, comme nous l’avons dit, un noviciat dedouze ans. Quand elle eut fait profession, elle trouva que le noviciat, telqu’on le faisait alors, ne répondait pas à ses vues, et, ayant été nomméedeux fois maîtresse des novices, elle dressa elle-même les filles soumises àsa direction aux exercices les mieux appropriés aux fonctions de leur état,en leur enseignant la meilleure manière de faire les pansements, et cà admi-nistrer les remèdes aux malades. Elle leur rappelait combien elles étaientheureuses de se consacrer au soulagement des infortunés; que leurs tra-vaux avaient, aux yeux de Dieu, le plus grand mérite, et qu’elles auraienttort de se croire trop surchargées; que plus elles éprouvaient de fatigues,plus elles devaient remercier Dieu d’être entrées dans une carrière quidevait les conduire au bonheur du ciel. Elle ne souffrait pas qu’aucuned’elles se plaignît le soir d'être lasse; ce qui eût annoncé une lâchetéindigne d’une religieuse.
Elle fut arrachée à ses fonctions de maîtresse des novices, pour aller elle-
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