64
HISTOIRE ET COSTUMES
Il ne leur était permis d’accepter en ville autre chose qu’un verre d’eau.Une fois par semaine, ils se rassemblaient, en chapitre, où chacun avouaitses fautes, ce qui s’appelait dire sa coulpe, et ils recevaient la disic-pline, les religieux de la main de leurs frères et les religieuses de cellede leurs sœurs. Ces fustigations étaient alors en usage dans les maisonsreligieuses. Nous devons nous rappeler que saint Romuakl, à l’école dubonhomme Marin, recevait des coups de baguette sur l’oreille, quand il setrompait dans le chant des psaumes.
Les hospitaliers de l’Hôtel-Dieu portaient des robes noires et des basblancs. Au chœur, ils mettaient par-dessus une chape noire, un surplis etune peau de mouton ou aumusse, comme les chanoines.
Le bon roi Louis IX, après avoir vidé, à l’ombre des arbres du bois deVincennes, les différends de ses sujets, aimait aussi à aller voir les maladesde l’Hôtel-Dieu. Nous avons encore les lettres patentes, où il prend soussa protection les pauvres malades de Chôpital de Notre-Dame de Paris.Il y fit faire en 1258, à son retour de la croisade, de nouvelles construc-tions pour en augmenter les bâtiments, et pour y recevoir un plus grandnombre de malheureux. Après lui, un cardinal français, Antoine Duprat,légat du saint-siège en France (1), y fit bâtir une nouvelle salle, qui futappelée la salle du légat. Il y ajouta d’autres libéralités qui augmentèrentles revenus de cet établissement, lequel, au commencement du dix-septièmesiècle, reçut de nouveaux agrandissements.
Vers la fin du quatorzième siècle, un bourgeois de Paris, Oudart deMocreux, maître changeur, y avait fait construire une chapelle et ajoutédes revenus pour les vêtements des prêtres qui y feraient l’office. La bonneœuvre du généreux Oudart était rappelée par une inscription, où onlisait :
Oudart de Mocreux, en surnom.Changeur, homme de bon renom,Et bourgeois de Paris jadis,
Que Dieu mette en son paradis ,
A fait faire celte chapelle,
En cet hôtel, bien bonne et belle.
(1) Avant d’embrasser l’état ecclésiastique, Duprat avait été chancelierde France sous Fran-çois I er . C’est à lui qu’on doit le concordai passé entre ce prince et le saint siège. Il mourutarchevêque de Sens, en 1555.