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HISTOIRE ET COSTUMES
habitait, et où il avait coutume de prier. Maison ignore l’année de sa mort.
Il faut croire que, dans les commencements, les religieuses qui desser-vaient cet hôpital y étaient assistées par des religieux; car le cardinalJacques de Vitri (1), qui vivait dans les premières années du treizièmesiècle, et qui nous a laissé une histoire orientale et occidentale, en troislivres et écrite en latin, nous apprend que, de son temps, la plupart desordres hospitaliers étaient composés de religieux et de religieuses, habitantla même maison, mais dans des quartiers séparés, de manière à évitertout inconvénient nuisible aux mœurs. Nous avons vu, à l’article des pré-montrés et de l'abbaye de la Cambre, que ce même usage y avait lieu. Il enétait de même dans l’ordre de Fontevrault, et nous l’avons retrouvé dansl’ordre de Sainte-Brigitte.
Notre siècle, avec ses idées avancées, a de la peine à concevoir la sim-plicité de nos ancêtres, bonnes gens qui ne voyaient aucun danger dansce rapprochement des deux sexes. Les apôtres, après l’Ascension, nes’étaient-ils pas réunis dans une même maison avec des femmes (2), pours’y préparer à recevoir le Saint-Esprit? ( Act . Âpôt., I. 14.) (3).
Le cardinal de Vitri dit avoir été témoin lui-même de la manière héroïquedont les religieux et les religieuses de l’Hôtel-Dieu de Paris s’acquittaientdes devoirs de leur état. Rien ne rebutait leur courage : toucher des maladesinfects, panser des plaies dégoûtantes, aller à la rivière, s’y plonger elles-mêmes pour laver les linges de tous ces malheureux, telles étaient lesoccupations journalières des religieuses exposées à tout instant à contracterd’affreuses maladies.
(1) Ce cardinal, d’abord curé d’Argenleuil, près de Paris, suivit les croisés, fut évêqued’Acre, pairiarche de Jérusalem, et enfin évêque de Frascati. Il élait né à Vitri , à quelqueslieues de Paris.
(2) Ces saintes femmes étaient celles qui, pendant les trois ans de la vie publique de Jésus-Christ avaient pourvu à ses hesoins et à ceux de ses disciples; celles qui avaient assislé à samort, et avaient été averties par les apôtres de sa résurrection. Parmi elles se trouvait sansdoute la pécheresse Marie-Madeleine, qu’il avait convertie, et peut-être aussi les sœurs de sonami Lazare, qu’il avait ressuscité.
(3) J’ai vu un homme estimable, magistrat honoré dans son pays, proposer au directeur d’unpensionnat de jeunes gens de recevoir sa fille chez lui, pour former son éducation On eut beaului faire observer que cela ne se pouvait pas et n’était pas dans les convenances : « Pourquoi» pas? répondait-il. Ma fille n’aura d’autre compagnie que la vôtre et celle de votre épouse: il> n’v aura rien de commun entre elle et vos élèves. •
Cet honnête homme n’était pas de son siècle.