HOTEL-DIEU DE PARIS.
L'esprit de charité étant famé du christianisme, dès que l’Église, aprèstrois siècles de persécutions, jouit de quelque repos, le premier mouve-ment des évêques fut de venir au secours des malades, que l’infortuneprivait de remèdes et de soins.
Nous avons vu que saint Basile avait fondé un hôpital dans sa ville épis-copale, et qu’un simple solitaire même, saint Sahas, en avait construittrois pour les pauvres et les pèlerins.
Cet exemple donné par les saints de l’Église d'Orient, ne manqua pasde trouver des imitateurs dans l’Église d’Occident. A peine les Francs,encore à demi barbares, comptaient-ils deux siècles d’existence dans lesGaules, qu’un évêque de Paris, saint Landri, jeta les fondements du grandhôpital, connu aujourd’hui sous le nom de l’Hôtel-Dieu. Ce prélat, quivivait vers l’an 050, sons le règne de Clovis II, n’était sans doute pointd’origine gauloise : c’est ce que paraît indiquer son nom latin de Lande-ricus, qui, traduit en français par Landeric ; comme Cliildericus et Chil-pericus, que nous nommons Childeric et Chilperic, marque bien que ceuxqui portaient ces noms étaient de race franque. Nous trouvons même,dans le siècle précédent, qu’un seigneur franc, assassin du roi Chilperic,portait le nom de Landri.
Le saint évêque de Paris n’épargnait rien, pas même les vases sacrés,pour secourir les malheureux; et, pour être à portée de veiller sur lessoins que réclamaient les pauvres malades, il fit construire son hôpital prèsde sa cathédrale, sur les bords de la Seine, comme on avait construit, àRome, un établissement semblable près de la basilique de Latran.
Saint Landri fut enterré dans l’église de Saint-Germaiii-l’Auxerrois, qui,dans l’origine, était une chapelle bâtie par le saint, près de la maison qu’il