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[2] (1845)
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DES ORDRES RELIGIEUX.

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Toutes les congrégations qui se formèrent après elle clans le tiers ordrede Saint-François, regardent cette pieuse princesse comme leur patronne,leur modèle, et même leur fondatrice, comme ayant été la première qui,survivant au patriarche de tout lordre, en ait pris lhabit et adopté lesexercices. Telles sont les sœurs grises, qui prennent le nom de sœurs deSainte-Êlisabeth; les sœurs dite de la Celle, et celles de la Faille.

Les plus connues de ces congrégations sont les sœurs grises, ainsiappelées de la couleur primitive de leur habit. Cétaient des hospitalièreschargées du soin des pauvres et des malades dans lintérieur des hôpitaux;dautres sortaient, pour aller remplir les mêmes fonctions dans les maisons lon avait besoin de leur présence. Dans ce dernier cas, elles devaienttoujours être deux, ne pas se séparer lune de lautre, et aller directementdans la maison on les attendait, sans sarrêter nulle part.

Les sœurs grises avaient un grand nombre de maisons dans le nord dela France et en Belgique, elles étaient, pour le spirituel, sous ladirection des provinciaux de lordre de Saint-François. Dans les villeselles étaient subsidiées par les magistrats, ceux-ci désiraient quelles negardassent pas la clôture, et, chose singulière! on vit quelque fois séleverdes procès entre les sœurs grises et les échevins des villes, qui voulaientles empêcher de se cloîtrer. On vit même ces contestations aller jusquàlappel au parlement de Paris.

Lan 1-483, le visiteur franciscain delà province de France et celui dela province de Flandre, ayant rédigé des constitutions uniformes pour lesdeux pays, une grande réunion de religieuses, députées des villes princi-pales des deux provinces, comme Dunkerque, Boulogne, Saint-Omer,Ostende, Mons, Douai, Amiens, Bruges, Tournay, etc., les adoptèrent aunom de toutes leurs consœurs. Ces religieuses se levaient à minuit pourréciter les matines du petit office de la sainte Vierge, et, quand ellesnétaient pas employées auprès des malades, elles travaillaient en communjusquà lheure du repas.

Un saint prêtre avait fondé à Mons, en 1300, un hôpital pour de vieillesfemmes pauvres, et en avait donné ladministration aux magistrats de laville, qui, peu contents des filles séculières qui y étaient employées, firentvenir, en 1470, des sœurs grises du couvent de Brugelette, qui nétaientpas soumises à la clôture. Cependant, en 1689, la supérieure du couventde Mons, sœur de larchevêque de Cambrai, Jacques de Bryas, obtint,