DES ORDRES RELIGIEUX.
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Toutes les congrégations qui se formèrent après elle clans le tiers ordrede Saint-François, regardent cette pieuse princesse comme leur patronne,leur modèle, et même leur fondatrice, comme ayant été la première qui,survivant au patriarche de tout l’ordre, en ait pris l’habit et adopté lesexercices. Telles sont les sœurs grises, qui prennent le nom de sœurs deSainte-Êlisabeth; les sœurs dite de la Celle, et celles de la Faille.
Les plus connues de ces congrégations sont les sœurs grises, ainsiappelées de la couleur primitive de leur habit. C’étaient des hospitalièreschargées du soin des pauvres et des malades dans l’intérieur des hôpitaux;d’autres sortaient, pour aller remplir les mêmes fonctions dans les maisonsoù l’on avait besoin de leur présence. Dans ce dernier cas, elles devaienttoujours être deux, ne pas se séparer l’une de l’autre, et aller directementdans la maison où on les attendait, sans s’arrêter nulle part.
Les sœurs grises avaient un grand nombre de maisons dans le nord dela France et en Belgique, où elles étaient, pour le spirituel, sous ladirection des provinciaux de l’ordre de Saint-François. Dans les villes oùelles étaient subsidiées par les magistrats, ceux-ci désiraient qu’elles negardassent pas la clôture, et, chose singulière! on vit quelque fois s’éleverdes procès entre les sœurs grises et les échevins des villes, qui voulaientles empêcher de se cloîtrer. On vit même ces contestations aller jusqu’àl’appel au parlement de Paris.
L’an 1-483, le visiteur franciscain delà province de France et celui dela province de Flandre, ayant rédigé des constitutions uniformes pour lesdeux pays, une grande réunion de religieuses, députées des villes princi-pales des deux provinces, comme Dunkerque, Boulogne, Saint-Omer,Ostende, Mons, Douai, Amiens, Bruges, Tournay, etc., les adoptèrent aunom de toutes leurs consœurs. Ces religieuses se levaient à minuit pourréciter les matines du petit office de la sainte Vierge, et, quand ellesn’étaient pas employées auprès des malades, elles travaillaient en communjusqu’à l’heure du repas.
Un saint prêtre avait fondé à Mons, en 1300, un hôpital pour de vieillesfemmes pauvres, et en avait donné l’administration aux magistrats de laville, qui, peu contents des filles séculières qui y étaient employées, firentvenir, en 1470, des sœurs grises du couvent de Brugelette, qui n’étaientpas soumises à la clôture. Cependant, en 1689, la supérieure du couventde Mons, sœur de l’archevêque de Cambrai, Jacques de Bryas, obtint,