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HISTOIRE ET COSTUMES
mant le cortège qui ramenait son mari dans la Hesse,. Le sort de la mal-heureuse veuve toucha tous ceux qui la virent, et ils cherchèrent à laconsoler.
Elle les pria de s’intéresser pour elle auprès de l’usurpateur des Étatsde ses enfants : ils le lui promirent et lui tinrent parole.
On fit sentir à Henri (I) les torts qu’il avait envers ses neveux et sabelle-sœur, et il consentit à ce quelle revînt à Marpurg. Il lui offrit mêmede lui remettre la régence des États de son fils. Elle se contenta de seretrouver dans son ancienne position, et de voir ses enfants rétablis dansleurs anciens droits.
Fatiguée de tant de revers, elle suivit le conseil de son confesseur quil’avait toujours accompagnée, et fit entre ses mains le vœu d’observer lesstatuts du tiers ordre de Saint-François, qui vivait encore alors, et ellecontinua à assister les pauvres des revenus qu’on lui avait rendus. Ellefit bâtir une maison dans le voisinage de Marpurg et y passa le reste deses jours dans les exercices de piété. Mais les souffrances quelle avaitendurées avancèrent sa fin et elle mourut de la mort des justes, le 19 no-vembre 1251, dans sa vingt-quatrième année.
Son corps fut enterré dans la chapelle d’un hôpital quelle avait fondé ;quatre ans après, le pape Grégoire IX la canonisa. Ses reliques furenttransportées solennellement à Marpurg par l’archevêque de Mayence ; etl’empereur Frédéric II, alors réconcilié avec le pape, voulut assister àcette cérémonie, qui fut très-pompeuse. Les enfants de la sainte y assis-tèrent avec un grand nombre de seigneurs et de prélats. Ses ossements,renfermés dans une châsse précieuse, en furent extraits en 1555, etenterrés par ordre du landgrave protestant Philippe de Hesse; mais lachâsse même fut transférée, en 1810, à Cassel, et de là à Marpurg,en 1815.
Ce qui prouve à quel point la vénération publique entoura la mémoirede cette sainte femme, c’est qu’elle fut canonisée quatre ans après sa mort,et que son nom fut donné depuis à tant de personnes distinguées, tandisquelle même était la première qui l’eût porté parmi les çhrétiens.
(I) Henri de Thuringe, toujours avide de pouvoir . accepta , en 1216, la couronne impérialeque lui offrirent, sur le refus du duc de Brabant, Henri H, les princes allemands révoltéscontre l’empereur Frédéric II, excommunié par Grégoire IX; mais il n’en jouit pas longtemps,étant mort la même année.