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[2] (1845)
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DES ORDRES RELIGIEUX.

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et obligée dimplorer la pitié publique, pour avoir de quoi vivre (1).

On a peine à concevoir des procédés aussi révoltants de la part dunbeau-frère; mais de quoi nest, pas capable lambition et la soif du com-mandement? Que faisait Élisabeth tombée de si haut? Elle souffrait avecpatience et priait pour ses persécuteurs.

Peut-être plus dun lecteur se rappelle-t-il ici une infortune pareille,celle de l 'orpheline du Temple, qui semble nêtre venue au monde quepour verser des larmes sur la perte de tous les siens, moissonnés par lahache des bourreaux et le poignard des assassins; femme de douleurs,restée presque seule au monde de ce grand holocauste offert au démondes révolutions, et qui na trouvé que des cœurs insensibles à ses longsmalheurs. Il nest donc pas vrai cet axiome dun grand poète, qui ditque

- - . . Du malheur la touchante peinture,Exerce son pouvoir sur l'âme la plus dure.

Cependant si, dans la Hesse, linfortune dÉlisabeth ne trouvait que descœurs de bronze, elle inspira plus de pitié dans les pays voisins. Sa tante,labbesse de Ivitzingen, lui offrit un logement dans son monastère; sonpère, le roi de Hongrie, lui fit proposer de revenir dans sa patrie, etlévêque de Bamberg, son oncle, lui offrit une maison près de son palais.Cest cette dernière offre quelle accepta, et elle alla se réfugier à Bambergavec ses enfants. Ce prélat voulait même lengager à se remarier, danslespoir de trouver plus dappui pour recouvrer ses droits et ceux de sesenfants. Elle sy refusa, remettant son sort à venir entre les mains de laProvidence.

Pendant son séjour à Bamberg, on ramenait dOtrante le corps de sonépoux. Une foule de seigneurs laccompagnait : comme il devait passer parBamberg, lévêque de cette ville alla le recevoir à la tête de son clergé;et Élisabeth y reçut la visite de toutes les personnes distinguées for-

(1) Les cœurs sont durs dans ce pays de Hesse. Cétait le seul les émigrés françaisnélaient pas reçus en 1794. Une jeune femme, son mari et deux jeunes enfants, chassés parles armées révolutionnaires pendant le rigoureux hiver de 1794 à l79o, arrivent à Cassel, etdemandent en grâce quelques jours pour se reposer. Lélecteur de Hesse-Cassel, à qui il en futréféré, fut sans pitié pour cette famille, qui fut obligée de se remettre en roule dès le lende-main. La jeune femme était grosse de huit mois... Elle vit encore, et je la connais.

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