DES ORDRES RELIGIEUX.
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et obligée d’implorer la pitié publique, pour avoir de quoi vivre (1).
On a peine à concevoir des procédés aussi révoltants de la part d’unbeau-frère; mais de quoi n’est, pas capable l’ambition et la soif du com-mandement? Que faisait Élisabeth tombée de si haut? Elle souffrait avecpatience et priait pour ses persécuteurs.
Peut-être plus d’un lecteur se rappelle-t-il ici une infortune pareille,celle de l 'orpheline du Temple, qui semble n’être venue au monde quepour verser des larmes sur la perte de tous les siens, moissonnés par lahache des bourreaux et le poignard des assassins; femme de douleurs,restée presque seule au monde de ce grand holocauste offert au démondes révolutions, et qui n’a trouvé que des cœurs insensibles à ses longsmalheurs. Il n’est donc pas vrai cet axiome d’un grand poète, qui ditque
- - . . Du malheur la touchante peinture,Exerce son pouvoir sur l'âme la plus dure.
Cependant si, dans la Hesse, l’infortune d’Élisabeth ne trouvait que descœurs de bronze, elle inspira plus de pitié dans les pays voisins. Sa tante,l’abbesse de Ivitzingen, lui offrit un logement dans son monastère; sonpère, le roi de Hongrie, lui fit proposer de revenir dans sa patrie, etl’évêque de Bamberg, son oncle, lui offrit une maison près de son palais.C’est cette dernière offre quelle accepta, et elle alla se réfugier à Bambergavec ses enfants. Ce prélat voulait même l’engager à se remarier, dansl’espoir de trouver plus d’appui pour recouvrer ses droits et ceux de sesenfants. Elle s’y refusa, remettant son sort à venir entre les mains de laProvidence.
Pendant son séjour à Bamberg, on ramenait d’Otrante le corps de sonépoux. Une foule de seigneurs l’accompagnait : comme il devait passer parBamberg, l’évêque de cette ville alla le recevoir à la tête de son clergé;et Élisabeth y reçut la visite de toutes les personnes distinguées for-
(1) Les cœurs sont durs dans ce pays de Hesse. C’était le seul où les émigrés françaisn’élaient pas reçus en 1794. Une jeune femme, son mari et deux jeunes enfants, chassés parles armées révolutionnaires pendant le rigoureux hiver de 1794 à l79o, arrivent à Cassel, etdemandent en grâce quelques jours pour se reposer. L’électeur de Hesse-Cassel, à qui il en futréféré, fut sans pitié pour cette famille, qui fut obligée de se remettre en roule dès le lende-main. La jeune femme était grosse de huit mois... Elle vit encore, et je la connais.
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