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[2] (1845)
Entstehung
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HISTOIRE ET COSTUMES

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La jeune Élisabeth montra de bonne heure une grande dévotion, qui,après la mort du landgrave, déplut à Sophie, sa veuve, qui avait la régence,des États du jeune Louis pendant sa minorité; et de plus, sa petite com-pagne devint jalouse delle. Sophie, femme hautaine et impérieuse, nemanqua pas de faire partager à toute sa cour laversion quelle avait pourla future épouse de son fils. Cette jeune personne nétait plus à leurs yeuxquune petite bigote ridicule, quon ferait bien mieux de renvoyer dansson pays pour y épouser quelque pauvre gentilhomme à qui ses manièresconviendraient, ou de la renfermer dans un couvent.

Cependant on faisait voyager le jeune landgrave en attendant quil eûtatteint lâge de se marier ; quand cette époque fut venue, il revint etépousa solennellement Élisabeth, qui navait encore que quatorze ans. Iltrouva sa jeune femme à son gré, sattacha à elle et prit les mêmes goûtsde dévotion qui la distinguaient. Lunion des deux époux fut telle quilsprirent le même confesseur. Force fut alors aux courtisans de se taire etde renfermer en eux-mêmes lopinion quils avaient sur le compte de'leurjeune souveraine.

On était encore alors au temps des croisades, et lempereur Frédéricpartant pour la terre sainte, le jeune landgrave Louis, quelques années aprèsson mariage, fut obligé de le suivre. Il alla donc rejoindre lempereur enItalie. Mais au moment de sembarquer avec lui à Otrante, il y fut attaquédune maladie qui lemporta en 1227, et Élisabeth se trouva veuve à lâgede vingt ans, avec trois enfants en bas âge, un fds et deux filles (1).

La régence des États du jeune Herman, son fils, lui appartenait; maisson beau-frère Henri, prince ambitieux, à laide des seigneurs à qui Éli-sabeth déplaisait, la fit déclarer incapable de gouverner. A les entendre,elle allait épuiser les trésors de lÉtat en aumônes excessives, et dailleursses habitudes nétaient pas propres aux fonctions dune régente.

Henri chassa donc sa belle-sœur de son palais, avec ses enfants. Noncontent dun acte aussi barbare, il défendit à qui que ce fût de don-ner asile à la malheureuse Élisabeth, ainsi quà son innocente famille.Elle se trouva réduite à se contenter dune chambre, que lui procuraun ecclésiastique, pour elle, ses enfants, et une femme qui laccompa-gnait. Dans cette cruelle situation, elle se vit sans aucune ressource

(I ) line de ses (illes, Sophie, épousa, après la mort de sa mère, Henri II, dnc de Rrabant.