Druckschrift 
[2] (1845)
Entstehung
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FRANCISCAINES DE SAINTE-ÉLISABETH.

Cest ainsi quon appela, à Paris, une communauté du tiers ordre deSaint-François, laquelle shonore de porter le nom dune princesse mal-heureuse, née sur le trône, et qui, dans une vie bien courte, a été abreuvéede toutes les injustices que la malignité des hommes peut imaginer pourtourmenter linnocence et la vertu.

Pourrait-on jamais croire quil y ait des hommes assez méchants pourinsulter une jeune et belle princesse, femme et ensuite mère de leur sou-verain, la chasser de son palais, lui refuser un asile, la condamner à men-dier le pain de la misère, et à se voir traitée comme une vile créature?

Voilà cependant ce qua éprouvé Élisabeth de Hongrie, femme du land-grave de Thuringe. Rien ne lui a servi dêtre chaste épouse, mère tendre,délever à ses frais des hôpitaux pour abriter lindigence. Ses vertus irri-taient ses ennemis, et plus elle multipliait ses bonnes œuvres plus ilssobstinaient à la perdre.

Telle est en abrégé lhistoire dÉlisabeth de Hongrie, fondatrice oupremière religieuse du tiers ordre de Saint-François.

Cette princesse, née en 1207, était fille dAndré II, roi de Hongrie (1).Promise, pour ainsi dire en naissant, à Louis, fils du landgrave de Thu-ringe et de Hesse, elle fut remise, à lâge de quatre ans, entre les mains dece prince, pour être élevée dans les usages de la cour à laquelle elle devaitun jour commander. Elle y eut pour compagne déducation la sœur deson futur époux, Agnès, qui était à peu près de son âge, et toutes deuxcurent pour gouvernante une dame capable de les former au bien.

(1) Cesl ce roi qui a accordé aux magnats hongrois la cliarle dont ils sont si tiers, el dontils ont si souvent abusé.