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[2] (1845)
Entstehung
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HISTOIRE ET COSTUMES

Jeanne prit le parti de quitter Paris, après y avoir passé quatre anssans succès, et de retourner à Lyon, ses compagnes la redeman-daient pour les soutenir et leur procurer les moyens de vivre. Elle alladonc les retrouver, avec trois nouvelles sœurs quelle avait reçues àParis.

Elle présenta sa bulle au cardinal-archevêque de Lyon; mais il ne voulutpas la recevoir, et lui fit dire quelle ne devait pas compter sur lui pourlétablissement de son ordre quil désapprouvait.

Se trouvant donc poussée à bout, elle assembla ses compagnes, dontle nombre se trouvait réduit à vingt, et leur dit que, nayant plus aucunespoir de réussir, elle leur conseillait de chercher à se placer ailleurs etde labandonner.

Cest alors queut lieu la scène la plus attendrissante. Toutes ses fillesse jettent à ses pieds, la supplient de ne point les quitter, et lui protestentquelles ne se sépareront jamais delle, à quelque extrémité quelles dussentse voir réduites. Elles offrent même de faire entre ses mains le vœu de nejamais labandonner et de se regarder toujours comme membres de lordrequelle veut fonder.

Le courage de ces pieuses filles soutint celui de la fondatrice, et, danslespoir quenfin on lui rendrait justice, elle acheta, en 1057, à Lyon, lamaison son ordre sétablit dans la suite ; mais ce ne fut quà Avignon,deux ans après, que fut fondée la première maison de cet ordre. Lévêquede Nîmes y vint lui-même, et en donna lhabit aux cinq premières reli-gieuses. Le second monastère sétablit à Grenoble, en 1645. De cettedernière ville, Jeanne de Malel fut appelée à Paris, par la reine AnnedAutriche, veuve de Louis XIII et mère de Louis XIV, pour y fonder uncouvent, en 1644. Ce fut le troisième.

Elle aurait désiré prendre elle-même lhabit de cet ordre et y vivrecomme simple religieuse; mais on ne le lui permit pas, et il fallut quellese contentât de sa qualité de fondatrice.

Malgré la haute estime quon lui témoignait à Paris, et malgré lesnombreuses visites quelle recevait de plusieurs évêques et des magis-trats les plus distingués, elle y éprouva encore bien des désagréments.Lenvie sattacha à elle, et on lui trouva des torts quon fit sonner bienhaut.

Pour se débarrasser delle, ses ennemis lui firent conseiller de retourner