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[2] (1845)
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DES ORDRES RELIGIEUX.

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premier. Dans la vie de ce monde, lidée qui sort dune tête va souventen éveiller une semblable dans une autre, et peut-être Jeanne de Matelimitait-elle, sans y penser, la mère Françoise de Chantal, fondatrice dela Visitation.

Sa mère, aussi pieuse quelle, applaudit à ses vues; mais son père futloin de les approuver. Quand il apprit que sa fille avait déjà réuni auprèsdelle quelques filles dévotes pour vivre avec elles en commun, il en fut onne peut plus irrité, et il défendit à sa femme de lui fournir aucun secourspécuniaire, tant quelle continuerait à vivre hors de la maison paternelle.

Jeanne se voyant abandonnée de ses parents, et nayant aucun moyende subsister avec ses compagnes, alla à Lyon trouver larchevêque de cetteville, pour lui demander des conseils. Ce prélat lencouragea dans sonentreprise et lexhorta à sétablir à Lyon avec ses compagnes, offrant deles aider de tout son pouvoir.

Elle suivit ce conseil, et alla demeurer à Lyon; mais peu de tempsaprès, la mort lui enleva larchevêque, son protecteur. Pour comble demalheur, le prélat qui le remplaça était le frère aîné du fameux cardinalde Richelieu, Alphonse-Louis du Plessis, qui ne voulut pas lui permettrede fonder un nouvel ordre religieux dans son diocèse.

Elle navait encore que six compagnes. On lui conseilla de les laisser àLyon, et daller à Paris, dans lespoir quelle y trouverait plus de facilitéspour létablissement de son ordre.

Elle ne fut pas plus heureuse à Paris quà Lyon. Elle y trouva tout lemonde contre elle, même M mo de Sainte-Beuve, si connue par les servicesquelle rendit aux fondations religieuses.

Rien ne rebuta Jeanne de Matel. Malgré lorage qui se formait contreelle, Jeanne trouva quelques protecteurs, et, par leur moyen, elle obtintdu pape Urbain VIII une bulle dérection de son institut sous le nom duVerbe incarné, le 12 juin 1635.

Il ne sagissait plus que davoir lagrément de Louis XIII, pour lexécu-tion de la bulle. On en parla à son confesseur, le P. de Suffren (1), quinosa pas prendre sur lui de demander au monarque les lettres patentes né-cessaires pour la conclusion de l'affaire.

(1) Nous trouvons un nom illustré du nos jours en la personne du bailli de Suffren,célèbre amiral français, mort en I7SS.