DES ORDRES RELIGIEUX.
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sortir de la cellule qui leur servait de cloître. Les reclus étaient auxermites, parmi les anachorètes, ce que les religieux cloîtrés étaient auxnon cloîtrés, parmi les cénobites.
Les cellules des reclus étaient ordinairement adossées à une église, àune chapelle ou à un oratoire, pour qu’ils pussent assister aux offices (1).Quelquefois même les reclus avaient un petit jardin dans leur enclos, à lamanière des chartreux.
Mais il y avait longtemps qu’on n’avait vu des reclus, quand la mèreJeanne de Cambry conçut l’idée d’embrasser ce genre de vie. De là vint lasensation que fit, au dix-septième siècle, ce nouvel exemple qu’en donnaitune femme d’une famille distinguée.
L’évêque de Tournay lui fit donc construire une réclusion (2) dans undes faubourgs de la ville de Lille (3), près de l’église de Saint-André, etelle s’y renferma de la manière suivante, le 25 novembre 1625 :
« La mère de Cambry, vêtue d’une robe grise de laine naturelle et non» teinte, accompagnée de deux religieuses de l’hôpital de Menin, qui por-» taientsur leurs bras, l’une un manteau bleu, et l’autre un voile noir et» un scapulaire violet, sur lequel il y avait l’image de la sainte Vierge,» tenant l’Enfant Jésus entre ses bras, alla à l’église de Saint-André, où» l’évêque de Tournay l’attendait à la porte. Elle se prosterna aux pieds» de ce prélat, qui, après lui avoir donné sa bénédiction, la conduisit» jusqu’au grand autel. Il y bénit le manteau, le voile et le scapulaire, et» en revêtit la mère de Cambry, à laquelle il donna le nouveau nom de» sœur Jeanne de la Présentation. Elle fit, entre ses mains, vœu de clô-» ture perpétuelle; après quoi, l’évêque fit un discours à la louange de la» nouvelle recluse, qui fut ensuite conduite processionnellement jusqu’à» sa réclusion, le clergé chantant : Veni, sponsa Christi, etc. L’évêque la
(1) On voit encore dans l’église du Sablon, à Bruxelles, la place d’une fenêtre par laquel'eune ancienne recluse, dont la chambre était adossée à cette église, regardait ce qui s’y passait,et pouvait entendre les offices et recevoir la communion.
(2) Ce mot n’est français que depuis la révolution. Le code révolutionnaire condamnait à ladéportation les prêtres réfractaires au-dessous de soixante ans, et simplement à la réclusionceux qui étaient au-dessus de cet âge.
(5) Quand l’évêché de Cambrai s’étendait sur tout le Hainaul et le Brabant, celui deTotirnaycomprenait toute la Flandre, ce qui subsista jusqu’à l’érection des nouveaux évêchés sous Phi-lippe II. Mais Lille continua d’en dépendre jusqu’au concordat de 1801.