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[2] (1845)
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DES ORDRES RELIGIEUX.

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sortir de la cellule qui leur servait de cloître. Les reclus étaient auxermites, parmi les anachorètes, ce que les religieux cloîtrés étaient auxnon cloîtrés, parmi les cénobites.

Les cellules des reclus étaient ordinairement adossées à une église, àune chapelle ou à un oratoire, pour quils pussent assister aux offices (1).Quelquefois même les reclus avaient un petit jardin dans leur enclos, à lamanière des chartreux.

Mais il y avait longtemps quon navait vu des reclus, quand la mèreJeanne de Cambry conçut lidée dembrasser ce genre de vie. De vint lasensation que fit, au dix-septième siècle, ce nouvel exemple quen donnaitune femme dune famille distinguée.

Lévêque de Tournay lui fit donc construire une réclusion (2) dans undes faubourgs de la ville de Lille (3), près de léglise de Saint-André, etelle sy renferma de la manière suivante, le 25 novembre 1625 :

« La mère de Cambry, vêtue dune robe grise de laine naturelle et non» teinte, accompagnée de deux religieuses de lhôpital de Menin, qui por-» taientsur leurs bras, lune un manteau bleu, et lautre un voile noir et» un scapulaire violet, sur lequel il y avait limage de la sainte Vierge,» tenant lEnfant Jésus entre ses bras, alla à léglise de Saint-André,» lévêque de Tournay lattendait à la porte. Elle se prosterna aux pieds» de ce prélat, qui, après lui avoir donné sa bénédiction, la conduisit» jusquau grand autel. Il y bénit le manteau, le voile et le scapulaire, et» en revêtit la mère de Cambry, à laquelle il donna le nouveau nom de» sœur Jeanne de la Présentation. Elle fit, entre ses mains, vœu de clô-» ture perpétuelle; après quoi, lévêque fit un discours à la louange de la» nouvelle recluse, qui fut ensuite conduite processionnellement jusquà» sa réclusion, le clergé chantant : Veni, sponsa Christi, etc. Lévêque la

(1) On voit encore dans léglise du Sablon, à Bruxelles, la place dune fenêtre par laquel'eune ancienne recluse, dont la chambre était adossée à cette église, regardait ce qui sy passait,et pouvait entendre les offices et recevoir la communion.

(2) Ce mot nest français que depuis la révolution. Le code révolutionnaire condamnait à ladéportation les prêtres réfractaires au-dessous de soixante ans, et simplement à la réclusionceux qui étaient au-dessus de cet âge.

(5) Quand lévêché de Cambrai sétendait sur tout le Hainaul et le Brabant, celui deTotirnaycomprenait toute la Flandre, ce qui subsista jusquà lérection des nouveaux évêchés sous Phi-lippe II. Mais Lille continua den dépendre jusquau concordat de 1801.