H1ST0IIŒ ET COSTUMES
T(i
les Pays-Bas par une sainte fille, née à Douai, d’une famille distinguée.et qui s’appelait Jeanne de Carnbry. Son père était premier conseiller, etpeut-être premier président de la cour de justice de Douai. Parvenue àl’âge de vingt-deux ans, son père lui proposa de se marier ou de se fairereligieuse. Elle prit ce dernier parti, et fit profession au monastère deNotre-Dame des Prés, à Tournay. De ce monastère, où régnaient quelquesdésordres, elle obtint de passer dans un autre de la même ville. De là,l’évêque de Tournay l’envoya à Menin, pour remettre l’ordre chez les hos-pitalières de cette ville, qui avaient besoin de réforme.
Jeanne de Carnbry, déjà fatiguée de la vie commune qu’elle avait menéedans deux monastères de Tournay, n’éprouva que du dégoût dans l’hôpitalde Menin, et soupira après une solitude complète. Plus instruite que laplupart de ses compagnes, ayant le talent d’écrire, elle trouva des envieusesparmi celles avec lesquelles elle était obligée de vivre. Elle demanda à sonévêque la permission de passer le reste de ses jours dans la réclusion,pour laquelle elle se sentait un grand attrait.
Il paraît qu’avant de prendre ce parti, elle avait voulu fonder l’ordre dela Présentation, dont elle avait déjà rédigé les constitutions. Vers l’an 1620,l’évêque de Tournay avait écrit en conséquence au cardinal Gallo, pourobtenir du pape Paul V l’autorisation nécessaire, mais le pape s’y étaitrefusé. C’est d’après cela que la mère de Carnbry se décida à entrer enréclusion.
Cette manière de vivre n’était pas nouvelle dans l’Église : il y en avaitdéjà eu de nombreux exemples, tels que ceux de saint Siméon, à Trêves;de saint Àdjuteur, à Vernon; de sainte Wiborade (1), à Saint-Gall, etc.Les reclus étaient des ermites vivant seuls, mais se condamnant à ne pas
(1) Sainl Siméon, après avoir fail le voyage de la lerre sainte, était revenu à Trêves, où ils’enferma dans une tour, dans laquelle il passa le reste de sa vie dans la pénitence et la con-templation. Il y mourut en 1055.
Saint Adjuteur avait été prisonnier des Sarrasins dans la terre sainte. Ayant recouvré saliberté , il vint prendre l’habit de religion à l’abbaye de Tiron, dans le Perche, lui donna tousses biens, et se retira ensuite dans une cellule, près de Vernon, jusqu’à sa mort, arrivéeen 1151.
Sainte Wiborade, d’une famille noble de la Souab-;, ayant vu son frère se faire moine à l’ab-baye de Saint Gall, prit aussi le parti de se faire construire une cellule dans le voisinageL’évêque de Constance en lit la bénédiction ; elle s'y enferma et y vécut dans la pénitence,jusqu’à l’année 925, qu’elle y fut massacrée par les Hongrois.