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[2] (1845)
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H1ST0IIŒ ET COSTUMES

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les Pays-Bas par une sainte fille, née à Douai, dune famille distinguée.et qui sappelait Jeanne de Carnbry. Son père était premier conseiller, etpeut-être premier président de la cour de justice de Douai. Parvenue àlâge de vingt-deux ans, son père lui proposa de se marier ou de se fairereligieuse. Elle prit ce dernier parti, et fit profession au monastère deNotre-Dame des Prés, à Tournay. De ce monastère, régnaient quelquesdésordres, elle obtint de passer dans un autre de la même ville. De,lévêque de Tournay lenvoya à Menin, pour remettre lordre chez les hos-pitalières de cette ville, qui avaient besoin de réforme.

Jeanne de Carnbry, déjà fatiguée de la vie commune quelle avait menéedans deux monastères de Tournay, néprouva que du dégoût dans lhôpitalde Menin, et soupira après une solitude complète. Plus instruite que laplupart de ses compagnes, ayant le talent décrire, elle trouva des envieusesparmi celles avec lesquelles elle était obligée de vivre. Elle demanda à sonévêque la permission de passer le reste de ses jours dans la réclusion,pour laquelle elle se sentait un grand attrait.

Il paraît quavant de prendre ce parti, elle avait voulu fonder lordre dela Présentation, dont elle avait déjà rédigé les constitutions. Vers lan 1620,lévêque de Tournay avait écrit en conséquence au cardinal Gallo, pourobtenir du pape Paul V lautorisation nécessaire, mais le pape sy étaitrefusé. Cest daprès cela que la mère de Carnbry se décida à entrer enréclusion.

Cette manière de vivre nétait pas nouvelle dans lÉglise : il y en avaitdéjà eu de nombreux exemples, tels que ceux de saint Siméon, à Trêves;de saint Àdjuteur, à Vernon; de sainte Wiborade (1), à Saint-Gall, etc.Les reclus étaient des ermites vivant seuls, mais se condamnant à ne pas

(1) Sainl Siméon, après avoir fail le voyage de la lerre sainte, était revenu à Trêves, ilsenferma dans une tour, dans laquelle il passa le reste de sa vie dans la pénitence et la con-templation. Il y mourut en 1055.

Saint Adjuteur avait été prisonnier des Sarrasins dans la terre sainte. Ayant recouvré saliberté , il vint prendre lhabit de religion à labbaye de Tiron, dans le Perche, lui donna tousses biens, et se retira ensuite dans une cellule, près de Vernon, jusquà sa mort, arrivéeen 1151.

Sainte Wiborade, dune famille noble de la Souab-;, ayant vu son frère se faire moine à lab-baye de Saint Gall, prit aussi le parti de se faire construire une cellule dans le voisinageLévêque de Constance en lit la bénédiction ; elle s'y enferma et y vécut dans la pénitence,jusquà lannée 925, quelle y fut massacrée par les Hongrois.