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[2] (1845)
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HISTOIRE ET COSTUMES

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princesse layant vu depuis, à Turin, sans le diamant, il lui fut aisé dedeviner ce quil était devenu. Comme elle en parlait un jour à un gentil-homme, celui-ci lui dit quil était toujours engagé pour les pauvres, et quilétait moins à lévêque de Genève quà tous les queux dAnnecy (1).

Cest en 1010 que saint François de Sales fonda lordre de la Visitation;voici à quelle occasion :

Pendant quil prêchait le carême à Dijon, en 1603, il y fit la connais-sance dune jeune veuve de trente-deux ans, qui y était venue pour leconsulter. Cétait la baronne de Chantal, fille de Bénigne Frémiot, premierprésident au parlement de Bourgogne. Cette dame, très-pieuse, avait perduson mari, tué par malheur à la chasse quatre ans auparavant. Elle enavait eu six enfants, dont quatre vivaient encore. Son fils aîné, le baronde Chantal, fut le père de la célèbre M me de Sévigné, si connue par seslettres.

Depuis la mort de son mari, elle avait renoncé au monde et ne soccu-pait plus que de léducation de ses enfants, et dexercices de piété. Ellealla donc loger chez son père, à Dijon, lannée lévêque de Genève yprêchait le carême. Elle lui demanda une audience pour le consulter surla conduite quelle devait tenir, et suivit de point en point les avis quil luidonna. Quand le saint fut retourné à Annecy, elle ly alla voir plusieursfois, et un jour qu'elle lui faisait connaître quelle voulait se consacrerentièrement à Dieu, le prélat lui dit quil avait depuis longtemps le projetdétablir une nouvelle congrégation sous le nom de la Visitation de sainteMarie.

La pieuse veuve y applaudit avec joie; mais lexécution lui en paraissaitbien difficile. Comment quitter son père et son beau-père, qui étaient fortâgés? Pouvait-elle abandonner ses enfants en bas âge? Le saint évêque luimontra qu elle pouvait remplir tous ses devoirs sans rester elle-même dansle monde, et du fond dun cloître.-d.essus, toute sa famille consentit àce quelle entrât en religion.

Elle maria ses deux filles, et mit le plus jeune de ses fils, qui navait quequinze ans, entre les mains de tuteurs fidèles, et, assurée du consentementde son beau-père et de larchevêque de Bourges,son frère, elle fit ses dis-positions pour quitter le monde.

H) Vie (leu Saints , 29 janvier.