DES ORDRES RELIGIEUX.
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ceux représentant des sujets de dévotion ; point d’équipage, il voulait faireses visites épiscopales à pied. Sa table devait être frugale, point de metsrecherchés. 11 devait aussi visiter les pauvres dans leurs maladies; se levertous les jours à quatre heures du matin; faire lui-même la prière à sesdomestiques (1); leur faire une lecture spirituelle avant la prière du soir,et dire la messe tous les jours. Il s’accordait une heure de récréation aprèsle dîner, et le reste de son temps était employé aux affaires de son diocèseou à la prière. Il s’obligeait à jeûner les vendredis et les samedis, et à nes’absenter que pour de très-fortes raisons, comme par exemple quand ilserait question de rendre service à l’Église ou au prochain.
Son sacre eut lieu en 1602, et il s’occupa aussitôt de rétablir la religiondans le pays de Gex.
En 1605, il alla prêcher le carême à Dijon et le fit avec beaucoup desuccès. Henri IY lui ayant offert une abbaye et ensuite une pension, le saintévêque refusa l’une et l’autre ; ce qui fit dire au roi que « l’évêque de» Genève était autant au-dessus de lui, que lui-même l’était au-dessus des» autres hommes par la dignité royale. »
Il refusa également le chapeau de cardinal, que ce même monarque etLéon IX lui avaient offert (2).
Personne n’était plus désintéressé, plus aimable que ce vertueux prélat.La princesse de Piémont, Christine de France, l’avait pris pour son pre-mier aumônier, place qu’il n’accepta qu’à condition qu’il ne quitterait passon diocèse, et qu’il n’en toucherait les revenus qu’en proportion du tempsqu’il y emploierait. La princesse lui ayant fait présent d’un beau diamant,quelle le priait de garder pour l’amour d’elle : « Madame, dit le saint, je» vous le promets, tant que les pauvres n’en auront pas besoin. — En ce» cas-là, répondit la princesse, contentez-vous de l’engager, et je le déga-» gérai. — Madame, répliqua l’évêque de Genève, je craindrais que cela» n’arrivât trop souvent, et que je n’abusasse enfin de vos bontés. » La
Moue, ne fut jamais habillé autrement qu’en drap. Se trouvant, en 1773, au sacre de Louis XVI,ce jeune monarque lui demanda pourquoi il n’était pas mis en soie, comme les autres évêques.« Sire, répondit-il, c’est en vertu d’un privilège attaché à mon siège. »
(1) A la communauté de Laon, séminaire dirigé, à Paris, par les suipiciens, c’étaitaussi undes séminaristes qui présidait à la prière des domestiques. Un d’eux ne manquait jamais derépondre, au De profundis , par : Fiant aurcs tuev ma dkxtf.s (au Heu de in(cndènlcs), et celasans malice.
(2) Ce pape mourut vingt-six jours après son élection.