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HISTOIRE ET COSTUMES
La liberté lui fut enfin rendue, et craignant de retomber au pouvoir de lareine, elle se sauva à Tolède, où elle se fit recevoir chez les dominicaines.
Elle passa quarante ans dans cette communauté dans une exacte clô-ture, ne recevant aucune aulre visite que celle de la reine Isabelle, femmedu roi Ferdinand et fille de la reine Élisabeth, qui l’avait tant persécutée.
N’oubliant pas qu’elle avait dû autrefois sa délivrance de prison à l’in-tercession de la mère de Dieu, elle eut l’idée d’établir un ordre en sonhonneur, et se sentit inspirée d’appeler cet ordre celui de l’immaculéeconception. Elle en parla à la reine, la seule personne qu’elle recevait auparloir, et cette princesse lui promit sa protection.
Le premier bienfait qu’elle reçut de la reine Isabelle, fut le présentqu’elle lui fit du palais Galliana pour loger les personnes qui embrasse-raient son institut. Elle en prit possession, en 1484, avec douze filles ducouvent où elle vivait depuis quarante ans. Elle leur donna pour costumeune robe blanche avec un scapulaire de la même couleur, et un manteaubleu. Sur le scapulaire, ces religieuses portent une image en argent repré-sentant la sainte Vierge.
Le pape Innocent VIII approuva cet institut en 1489, et permit auxreligieuses de prendre la règle de Saint-Augustin, de réciter le petit officede la sainte Vierge et de vivre sous l’obéissance de l’évêque diocésain. Toutétait disposé et le jour fixé où les nouvelles religieuses allaient faire leurprofession solennelle, quand la mère Béatrix se sentit indisposée et neput attendre le jour de la cérémonie. Elle fit, avant ses compagnes, saprofession particulière, et mourut le 1 er septembre 1490, à l’âge desoixante-six ans. Ses religieuses furent soumises à la juridiction de l’ar-chevêque de Tolède.
Ce prélat était alors le cardinal Ximenès, et comme lui-même avait étéautrefois de l’ordre de Saint-François, il trouva que les conceptionnistesferaient mieux de prendre la règle de Sainte-Claire. Outre la sympathienaturelle qu’il devait avoir pour un ordre qu’il avait embrassé lui-même,deux autres raisons l’engageaient à conseiller cette adoption aux concep-tionnistes. Les couvents de franciscains étaient alors plus nombreux queceux des autres ordres, et de plus les franciscains s’étaient prononcés avecplus d’évidence que les aulres en faveur de l’opinion favorable à l’imma-culée conception.
Cependant, en loi J , J nies II donna aux conceptionnistes une règle