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[2] (1845)
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HISTOIRE ET COSTUMES

La liberté lui fut enfin rendue, et craignant de retomber au pouvoir de lareine, elle se sauva à Tolède, elle se fit recevoir chez les dominicaines.

Elle passa quarante ans dans cette communauté dans une exacte clô-ture, ne recevant aucune aulre visite que celle de la reine Isabelle, femmedu roi Ferdinand et fille de la reine Élisabeth, qui lavait tant persécutée.

Noubliant pas quelle avait autrefois sa délivrance de prison à lin-tercession de la mère de Dieu, elle eut lidée détablir un ordre en sonhonneur, et se sentit inspirée dappeler cet ordre celui de limmaculéeconception. Elle en parla à la reine, la seule personne quelle recevait auparloir, et cette princesse lui promit sa protection.

Le premier bienfait quelle reçut de la reine Isabelle, fut le présentquelle lui fit du palais Galliana pour loger les personnes qui embrasse-raient son institut. Elle en prit possession, en 1484, avec douze filles ducouvent elle vivait depuis quarante ans. Elle leur donna pour costumeune robe blanche avec un scapulaire de la même couleur, et un manteaubleu. Sur le scapulaire, ces religieuses portent une image en argent repré-sentant la sainte Vierge.

Le pape Innocent VIII approuva cet institut en 1489, et permit auxreligieuses de prendre la règle de Saint-Augustin, de réciter le petit officede la sainte Vierge et de vivre sous lobéissance de lévêque diocésain. Toutétait disposé et le jour fixé les nouvelles religieuses allaient faire leurprofession solennelle, quand la mère Béatrix se sentit indisposée et neput attendre le jour de la cérémonie. Elle fit, avant ses compagnes, saprofession particulière, et mourut le 1 er septembre 1490, à lâge desoixante-six ans. Ses religieuses furent soumises à la juridiction de lar-chevêque de Tolède.

Ce prélat était alors le cardinal Ximenès, et comme lui-même avait étéautrefois de lordre de Saint-François, il trouva que les conceptionnistesferaient mieux de prendre la règle de Sainte-Claire. Outre la sympathienaturelle quil devait avoir pour un ordre quil avait embrassé lui-même,deux autres raisons lengageaient à conseiller cette adoption aux concep-tionnistes. Les couvents de franciscains étaient alors plus nombreux queceux des autres ordres, et de plus les franciscains sétaient prononcés avecplus dévidence que les aulres en faveur de lopinion favorable à limma-culée conception.

Cependant, en loi J , J nies II donna aux conceptionnistes une règle