DES ORDRES RELIGIEUX.
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Les rois d’Espagne, de la maison d’Autriche, montrèrent aussi un grandzèle pour faire adopter, dans tous les pays soumis à leur domination,l’opinion de la conception immaculée de la sainte Vierge. D’après l’ordrequ’il en avait reçu de son souverain, le marquis de Caracena, gouverneurdes Pays-Bas espagnols, notifia aux états de Brabant, en 1659, le désirdu roi d’Espagne que tous les corps, tant civils qu’ecclésiastiques, s’enga-geassent par un vœu solennel à soutenir, envers et contre tous, cettecroyance. En conséquence, l’archevêque de Malines en fit la propositionformelle, au nom du gouvernement, dans l’assemblée des états de cetteannée. Elle fut adoptée unanimement. Les grands seigneurs du pays, ayantà leur tête les ducs d’Àrschot, et d’Arenberg, et les bourgmestres des prin-cipales villes, au nom de leurs commettants, firent le vœu solennel desoutenir cette opinion.
Pour donner la plus grande pompe possible à cette détermination, onconvint que les trois états prononceraient ce vœu solennel à une grand’-messe, qui serait célébrée le 8 décembre, jour de la fête de la Conception,dans l’église des dominicains. L’abbé de Parck y officia solennellement, et,après un discours prononcé par un jésuite, l’archevêque de Malines, aunom du clergé, les ducs d’Arenberg et d’Arschot, au nom des nobles, etles bourgmestres, au nom des villes, firent le vœu convenu (1).
C’est donc pour honorer aussi, à sa manière, ce dogme catholique,qu’une femme pieuse fonda, en Espagne, un ordre religieux qui porte lenom de la Conception immaculée de la sainte Vierge, ou simplementl’ordre des Conceplionnistes.
Cette femme, née en Portugal en 1424, se nommait Béatrix de Silva.Parente d’Élisabeth de Portugal, qui allait épouser Jean II, roi de Castille,elle suivit cette princesse en Espagne. Mais comme elle était d’une grandebeauté, qui lui attirait à la cour beaucoup d’adorateurs, la reine, quicraignait quelle ne lui enlevât le cœur du roi, en devint jalouse et lapersécuta. Elle alla même jusqu’à la faire enfermer dans une espèce deprison, où elle était gardée et essuyait toutes sortes de mauvais traite-ments. Dans cette cruelle position, la malheureuse Béatrix eut recours à lasainte Vierge, et, désabusée des espérances du monde, fit vœu de virginité.
(1) Quelle contenance devaient Taire, pendant celte cérémonie, qui avait lieu dans leuréglise, les dominicains qui n’adoplaieut pas l’opinion de l’immaculee conception? L’histoirene le dit pas.