DES ORDRES RELIGIEUX.
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n’en apprend aucune nouvelle, et en meurt de chagrin au bout de vingtjours. Son père, désespéré d’avoir perdu en même temps sa femme etson fds, se fait religieux à Lisbonne.
Jean n’a pu aller à Madrid. Comme l’Enfant prodigue, il est obligé de semettre au service d’un berger et de garder ses troupeaux pendant toutesa jeunesse. Cependant son maître, content de lui, lui propose sa fdle enmariage, pour se l’attacher. Ce parti ne lui convient pas, et pour se débar-rasser des instances qu’on lui fait, il s’enrôle dans l’armée espagnole, etmarche avec elle au siège de Fontarabie.
Jusque-là, Jean avait conservé les sentiments que ses parents lui avaientinspirés; mais le tumulte des camps, la vie licencieuse des gens de guerre,firent sur lui de fâcheuses impressions et le jetèrent dans le désordre.
Peu après, soupçonné d’avoir soustrait quelques effets qui apparte-naient à son capitaine, il est chassé de son régiment, et alors il varetrouver son ancien maître, qui lui confie de nouveau la garde de sestroupeaux, et y ajoute la régie d’une partie de ses biens. Mais, sur unenouvelle proposition de mariage, Jean s’engage pour la seconde fois dansles troupes de Charles-Quint, qui allait combattre les Turcs en Hongrie.
Depuis qu’il avait été renvoyé du service espagnol, Jean était revenu àses principes de piété, et il ne s’en était plus écarté, même en campagne.Au contraire, il avait su allier ses devoirs de chrétien à ceux de soldat, etavait acquis l’estime de ses chefs.
La guerre étant finie, il retourna en Portugal, où il apprit la mort deses parents, et, comme il sut qu’il en était la cause, il quitta sa patrie pourn’y plus revenir.
Il passa dans l’Andalousie, où il reprit son métier de berger, allaensuite à Ceuta, dans l’espoir d’y trouver le martyre, et revint à Gibral-tar, où il se fit marchand d’images et de livres de dévotion.
De Gibraltar, il alla à Grenade, où il ouvrit une petite boutique. Maisun jour, touché du discours d’un prédicateur célèbre qu’il venait d’en-tendre, il se mit à remplir l’église de sanglots, à se frapper la poitrine età s’arracher les cheveux. On crut qu’il était fou : on le chassa de l’église,et il fut poursuivi dans les rues par les enfants et la canaille. On l’enfermaalors dans l’hôpital où l’on mettait les insensés, et on le soumit auxremèdes qu’on employait pour guérir ceux qui étaient atteints d’aliénationmentale.
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