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[2] (1845)
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DES ORDRES RELIGIEUX.

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nen apprend aucune nouvelle, et en meurt de chagrin au bout de vingtjours. Son père, désespéré davoir perdu en même temps sa femme etson fds, se fait religieux à Lisbonne.

Jean na pu aller à Madrid. Comme lEnfant prodigue, il est obligé de semettre au service dun berger et de garder ses troupeaux pendant toutesa jeunesse. Cependant son maître, content de lui, lui propose sa fdle enmariage, pour se lattacher. Ce parti ne lui convient pas, et pour se débar-rasser des instances quon lui fait, il senrôle dans larmée espagnole, etmarche avec elle au siège de Fontarabie.

Jusque-, Jean avait conservé les sentiments que ses parents lui avaientinspirés; mais le tumulte des camps, la vie licencieuse des gens de guerre,firent sur lui de fâcheuses impressions et le jetèrent dans le désordre.

Peu après, soupçonné davoir soustrait quelques effets qui apparte-naient à son capitaine, il est chassé de son régiment, et alors il varetrouver son ancien maître, qui lui confie de nouveau la garde de sestroupeaux, et y ajoute la régie dune partie de ses biens. Mais, sur unenouvelle proposition de mariage, Jean sengage pour la seconde fois dansles troupes de Charles-Quint, qui allait combattre les Turcs en Hongrie.

Depuis quil avait été renvoyé du service espagnol, Jean était revenu àses principes de piété, et il ne sen était plus écarté, même en campagne.Au contraire, il avait su allier ses devoirs de chrétien à ceux de soldat, etavait acquis lestime de ses chefs.

La guerre étant finie, il retourna en Portugal, il apprit la mort deses parents, et, comme il sut quil en était la cause, il quitta sa patrie pourny plus revenir.

Il passa dans lAndalousie, il reprit son métier de berger, allaensuite à Ceuta, dans lespoir dy trouver le martyre, et revint à Gibral-tar, il se fit marchand dimages et de livres de dévotion.

De Gibraltar, il alla à Grenade, il ouvrit une petite boutique. Maisun jour, touché du discours dun prédicateur célèbre quil venait den-tendre, il se mit à remplir léglise de sanglots, à se frapper la poitrine età sarracher les cheveux. On crut quil était fou : on le chassa de léglise,et il fut poursuivi dans les rues par les enfants et la canaille. On lenfermaalors dans lhôpital lon mettait les insensés, et on le soumit auxremèdes quon employait pour guérir ceux qui étaient atteints daliénationmentale.

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