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[2] (1845)
Entstehung
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CONGRÉGATION DE SAINT-JEAN DE DIEU.

On doit remarquer que les établissements les plus utiles à lhumanitésouffrante, les conceptions les plus philanthropiques, ne sont jamais partisdes hauts rangs de la société, de ceux qui possèdent, par leur fortune, lesmoyens de les produire.

Les gens riches semblent placés à une hauteur d ils naperçoiventplus les souffrances des hommes. Accoutumés aux jouissances de la vie,on dirait quils nont aucune idée des maux qui laccompagnent, et que,parce quils ne souffrent pas, personne ne doit souffrir.

Vous voyez quelquefois lhomme riche jeter dédaigneusement laumôneau pauvre qui limportune, mais cest pour se débarrasser de lui, et nulle-ment par sympathie pour sa misère. Quun homme mal vêtu tombe sur lavoie publique, atteint de quelque douleur subite ou victime de quelqueaccident, ce ne sera pas le passant bien mis, le riche traîné dans un charélégant, qui ira au secours du malheureux : il sarrêtera peut-être unmoment, demandera ce que cest, détournera la tête, et continuera sonchemin. Ce sera un pauvre ouvrier, un petit marchand qui sempressera,comme le Samaritain, de relever son semblable et de lui prêter assistance.La fortune endurcit le cœur et produit légoïsme.

Il faut avoir été malheureux, ou au moins être, pour ainsi dire, surles confins du malheur, et se trouver par sa position sociale sur les limitesdes classes nécessiteuses, pour connaître leurs souffrances et savoir enapprécier la rigueur.

Nest-ce pas un petit gentilhomme languedocien, Jean de Matha, qui,le premier, trouva le moyen darracher aux infidèles les malheureux chré-tiens qui languissaient dans leurs bagnes? Qui a couvert la France déta-blissements de charité, pour secourir toutes les espèces de misères?