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HISTOIRE ET COSTUMES DES ORDRES RELIGIEUX.
à M me de Sainte-Beuve, et à une autre femme nommée M me Acarie, néeBarbe Avrillot.
C’est cette dernière qui, tout occupée de l’établissement des carmé-lites en France, rassembla en même temps, dans une maison près deSainte-Geneviève, à Paris, plusieurs jeunes personnes qui se sentaientportées à la vie religieuse. Ce fut une espèce de séminaire qui fournit enpartie les premières personnes qui embrassèrent l’institut des carmélites.Les autres, d’après le conseil de M me Acarie, se dévouèrent à l’instructionreligieuse des jeunes personnes.
Pour réussir'dans l’établissement des ursulines, M me Acarie, qui avaitsix enfants, et dont le mari vivait encore, engagea M me de Sainte-Beuve,sa cousine, à se déclarer la fondatrice de cet ordre. Celle-ci mit dans cetétablissement tout le zèle possible, et tout réussit au gré de ses désirs.Elle fit venir de Provence, à ses frais, deux ursulines, dont une était lamère de Bermond, pour instruire les religieuses du séminaire établi parM me Acarie, et’voilà ce qui donna naissance au premier couvent de Paris,le premier de cet ordre qui fut obligé à la clôture, ainsi que nous l’avonsdit. M me de Sainte-Beuve voulut que l’installation de ces nouvelles reli-gieuses fût des plus brillantes. Les dames de la plus haute qualité furentinvitées à y assister. Le coadjuteur de Paris, qui fut depuis le fameuxcardinal de Betz, y officia.
Pour pouvoir fonder cet établissement, M me de Sainte-Beuve, qui étaittrès-riche, avait vendu toute son argenterie. Pour nourrir les pauvres, ellese défit successivement de tout ce quelle avait de précieux, bijoux, tapis-series, tableaux, équipages. Elle mourut en 1630, après un veuvage dequarante-six ans, et fut enterrée dans l’église des ursulines de Paris.