DES ORDRES RELIGIEUX.
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Elles ont des voiles blancs; d’autres en ont de noirs. Elles ne savent pasplus que les frères eellites le nom de leur fondateur. Ces religieusessuivent la règle de Saint-Augustin. Aux vœux ordinaires, elles ajoutentcelui de soigner les malades, même en temps de peste (1). Ces religieusesne gardent pas la clôture : elles vont soigner les malades à domicile, etensevelissent les morts de leur sexe.
Les sœurs noires sont à Bruxelles depuis l’an 1350; mais ce n’estqu’en 1558 que le pape Pie II leur donna la règle de Saint-Augustin.
Le couvent des frères eellites de Bruxelles est aujourd’hui converti enun bel hospice de vieillards, dans la rue qui, de leur nom, s’appelle ruedes Alexiens.
Ces frères, dont on ne trouve pas l’origine, ne seraient-ils pas une imi-tation d’une pareille institution faite en France, vers la fin du treizièmesiècle, tant les habitants des Pays-Bas ont toujours eu de penchant àcopier ce qui se faisait chez leurs voisins du Midi?
Nous trouvons qu’à cette époque, un seigneur champenois, Gui, sire deJoinville et de Dougens, avait établi à Boucheraumont, lieu qui lui appar-tenait, un hôpital pour les pauvres malades, et qui était desservi par despersonnes séculières, qui prirent la sainte Vierge pour patronne, et don-nèrent à leur hôpital le nom de la Charité Notre-Dame. Peu de tempsaprès, leur fondateur, Gui de Joinville, leur procura un second établis-sement, à Paris, dans un endroit où un juif avait autrefois commis unhorrible sacrilège sur une hostie consacrée.
Un bourgeois de Paris, nommé Beinier Flaming, avait acheté, en 1294,l’emplacement de la maison où ce crime avait été commis, après le sup-plice infligé au coupable, et y avait bâti une chapelle qu’on appela la Maisondes miracles, en mémoire de celui qui était arrivé lorsque le crime du juiffut découvert. Gui de Joinville acheta, de Beinier Flaming, cette chapellepour ses hospitaliers. Philippe le Bel ratifia cette acquisition et y ajoutaquelques terrains voisins, pour y établir un hôpital.
Il est à remarquer que cet enclos prit, dans la suite, le nom de Fief aux
(I) Les hommes savent exposer leur vie sur les champs de bataille, soutenus par l’exempleet les regards de plusieurs milliers de témoins et stimulés par l’espoir d’une récompense. L’hé-roïsme de la femme est plus calme et surtout plus désintéressé : c’est dans le réduit du pauvre,au chevet du moribond , sans l’appât d’une décoration et sans autre témoin de son dévouementque Dieu môme, qu’elle va affronter la mort.