Druckschrift 
[2] (1845)
Entstehung
Seite
8
Einzelbild herunterladen
 

8

HISTOIRE ET COSTUMES

rahle, qui, se traînant avec peine, appuyé sur un bâton, vint trouverlarchevêque dAvignon pendant quil prononçait, dans sa cathédrale, unsermon pour rassurer son peuple effrayé dune éclipse de soleil, et que cefut devant tout ce peuple quil lui parla du pont quil voulait établir, dela part de Dieu, sur le Rhône : cest la vue de ce respectable moine quiélectrisa lesprit des Avignonais et les engagea à construire le pont. Il ditensuite que le nombre de douze assigné à son âge est une fiction ima-ginée par les moines, comme celui des douze apôtres, des douze signes duzodiaque, des douze mois de lannée, nombre sacramentel qui marquaitlexcellence des vertus du saint personnage qui se présentait à larchevêquedAvignon. Mais que peuvent toutes ces savantes rêveries contre unetradition immémoriale et. des actes authentiques conservés dans lesdépôts publics? Baillet prouve, dailleurs, que lhôpital construit à Avi-gnon est postérieur à la pose des fondements du pont, et que les reli-gieux quon y plaça ny étaient que pour veiller à lentretien de ce monu-ment.

Il paraît que ces religieux étaient ceux dune espèce dordre de cheva-liers, qui existaient déjà en France et en Italie, établis sur quelquesrivières qui manquaient de ponts, et qui y tenaient des bacs ou des bateauxau service de ceux qui devaient les traverser.

Depuis que les chevaliers de lordre de Saint-Jean de Jérusalem avaientdonné lexemple de fournir des escortes aux pèlerins qui venaient visiterles saints lieux, comme aussi les chevaliers de Saint-Jacques de lEpée quiprotégeaient, contre les Mores, les fidèles qui allaient à Compostelle,dautres ordres de chevalerie de même genre sétaient formés en dautreslieux pour être utiles aux voyageurs, et surtout aux pèlerins; car cetteépoque était celle des pèlerinages de la terre sainte. Les uns y allaient parsimple dévotion, les autres en vertu dune pénitence qui leur était enjointe.Dans les villes mêmes on fondait des hôpitaux pour y loger pendant plu-sieurs jours gratuitement les pèlerins qui y passaient (1). Navons-nouspas encore un reste bien précieux des monuments de cette philanthropiechrétienne dans ces bons religieux du mont Saint-Bernard, placés ensentinelles sur les glaciers des Alpes pour veiller à la sûreté des voya-

(I) l.hôpilal Sainl-Nicolas rie Rruxelles, donné, en 1253. aux frères sachets, avait étéfondé pour loger et nourrir les pauvres voyageurs.