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[2] (1845)
Entstehung
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DES 01ÏDKES RELIGIEUX.

Pontem indignai us Araxes. Il va donc à Avignon et expose à larchevêquede cette ville le projet quil inédite. A la vue de cet enfant, le prélat, aussisurpris que le fut Saiil quand le jeune David vint soffrir à lui pour com-battre un géant, le prit pour un insensé et le renvoya à un des magis-trats de la ville, devant lequel le jeune berger exposa la mission quil disaitavoir reçue de Dieu pour le bien-être des habitants de son pays. Il réussità se faire comprendre ; le bruit sen répandit dans la ville, et un mouve-ment général et spontané sempara de tous les esprits. Chacun voulutcontribuer à cette entreprise, dont le jeune Benoît se déclara le chef.

Ce pont, dont il ne reste plus aujourdhui que quatre arches, en avaitdix-neuf quand il fut construit. Le jeune architecte put à peine en voir lafin, puisquil mourut en 1184, à lâge de dix-neuf ans. Les Avignonais,par reconnaissance, lenterrèrent dans une chapelle bâtie sur une des pilesdu pont.

Aujourdhui on élèverait une statue à lauteur dun pareil projet. Maisalors, rendant justice aux vertus du jeune berger, aussi pieux quhabile,lopinion publique le plaça au rang des bienheureux, et le berger Benezetest aujourdhui le patron des Avignonais, comme la bergère Geneviève estla patronne des Parisiens.

Cinq cents ans après sa mort, le corps du saint fut retrouvé sans aucunemarque de corruption. Ses entrailles mêmes étaient encore saines, et la pru-nelle de ses yeux avait conservé sa couleur. En 1074, larchevêque dAvi-gnon transporta solennellement ce corps dans léglise des Célestins. Cettecérémonie fut, des plus pompeuses : on y voyait lévêque dOrange et unegrande partie de la noblesse des environs.

On peut dire de lui, comme on pourrait le dire de Jeanne dArc, mortstous deux si jeunes, après avoir fait de si grandes choses: Consummalnsin brevi, explevil lemporn milita.

Deux auteurs ont voulu dépouiller lœuvre de saint Benezet du mer-veilleux qui lentoure. Lun (I) prétend que Benezet avait fondé près dAvi-gnon un hôpital dont il était le supérieur, et que cétait à la tête de sesreligieux quil aurait construit cette merveille.

Lautre (2) soutient que ce nétait pas un berger, mais un vieillard véné-

(1) P. Théophile Raynaud, jésuite.(i) Monge Agricol.