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[2] (1845)
Entstehung
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IIISTOIliE ET COSTUMES

La foudre a écrasé, on juillet 1527 , la flèche de la cathédrale dAmiens:pour la rétablir, ou a convoqué les plus habiles architectes de France etdes pays voisins. Ils sassemblent à Amiens; ils discutent savamment: lesavis sont partagés. Chacun a son plan, et lœuvre paraît difficile. Commepar hasard, un paysan dun village voisin, que ses affaires avaient amenéà Amiens, apprend le grand objet qui réunit en ce moment ces savantsarchitectes. Il obtient dêtre introduit dans la salle ils travaillent, etleur fait voir que leurs projets sont mal conçus. Il leur présente le sien,le crayonne lui-même. Son plan réunit tous les suffrages, et cest LouisCordou (cest, son nom) et son compère Simon Taneau, architectes impro-visés, qui dressent la belle flèche, quon voit encore aujourdhui, et quipasse pour un chef-dœuvre de construction ( I).

Tout le monde sait que le Rhône est un des fleuves les plus rapides delEurope, et jusquà lan 117(5, on navait pas encore songé à y établirun pont.

Voici ce que nous apprend une tradition répétée de père en fils, dansles contrées méridionales de la France; tradition consignée dans lesarchives et dans les actes déposés dans les bibliothèques de ces mêmescontrées.

Un jeune berger, enfant de douze ans, nommé Benoît (2), gardait lesmoutons de sa mère. Dans le silence des champs, il vient à réfléchir auxnombreux dangers que courent les pauvres paysans qui ont à traverserle Rhône, et il conçoit lidée détablir un pont à Avignon. Il navait pas lu le

(1) Il y a aujourd'hui, à la Trappe de Bricquebec, en Normandie (Manche), un frire qu'onappelle François. Célait un pauvre paysan dun village voisin, qui, ne sachant ni lire ni écrire,cl parlant le patois le plus grossier, vint, en sabots, se présenter à la porte du couvent, etdemanda au père abbé à être reçu au nombre des moines. On lui donna dabord lemploi devacher; mais tout en gardant ses vaches, Irère François coupait avec son contenu des mor-ceaux de bois, les ajustait et en composait des machines applicables au mouvement des ailesde moulin. Cela lui valut lemploi de meunier. Dans celte nouvelle position, son esprit sedéveloppa,el il imagina îles procédés ingénieux pour perfectionner le jeu de son moulin. Alorson lui donna des livres traitant de mécanique : il neut quà les lire pour les comprendre. IIétablit un atelier complet il dirigea ses compagnons et. dautres ouvriers quon y joignit : ilen sortit de< perfectionnements tels, que les moulins de labbaye, tant à eau quà vent fonc-tionnèrent avec la dernière perfection. Tous les villages à la ronde y apportent leurs grains,et procurent ainsi de grands bénéfices au couvent. Bref, le frère François est aujourdhui lin-génieur le plus habile de la contrée, et en même temps le religieux le plus pieux de la com-munauté. qui le regarde cornu e un présent que lui a fait la divine providence.

(2; (/histoire lui donne le nom de Ilaiezit, qui veut dire, en langage provençal : Pelil TtenoU