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HISTOIRE ET COSTUMES.
Anvers qu’on en voyait le plus. Elles y étaient connues depuis l’an 1240.Il y en avait de deux sortes : les unes étaient réunies dans une même en-ceinte, hors des murs de la ville. Les autres demeuraient en dehors del’enclos, ou chez leurs parents. Mais elles ne faisaient pas de vœux perpé-tuels, et conservaient la jouissance de leurs biens. Elles obéissaient à dessupérieures et portaient des habits gris et modestes. Ce n’est que posté-rieurement à l’année 1324 qu’elles s’habillèrent en noir.
Leur institut n’a jamais été approuvé par le saint-siège; ainsi elles neformaient pas un ordre religieux. Elles avaient, au centre de leur enclos,une église particulière, avec un curé ou chapelain particulier. Elles obtin-rent, en 1247, la permission d’être enterrées dans un cimetière séparécontigu à leur église, moyennant une redevance annuelle de trois deniers,que chacune d’elles devait payer aux chanoines d’Anvers, le jour de laTrinité. Alors Anvers, ainsi que Bruxelles, dépendait du diocèse deCambrai.
Dans leur enclos se trouvait une infirmerie pour celles qui l’habitaientet il y en avait une autre pour celles qui demeuraient au dehors. L’évêquede Cambrai leur permit, en 1315, de faire dire la messe dans la chapellede l’infirmerie, pour les malades.
Ces bonnes filles essuyèrent bien des traverses pendant ce siècle. Desnovateurs, qu’on désignait sous le nom de bégards et béguines, et qui,sous des dehors simples, affectaient un grand extérieur de piété, avaientrépandu plusieurs erreurs en Allemagne. Le concile de Vienne les avaitcondamnés, en 1311, et avait même aboli toutes les réunions connues sousle nom de béguines. La conformité de nom fit envelopper les béguinesd’Anvers dans l’anathème lancé contre les sectaires, et elles furentregardées comme suspectes d’hérésie. Elles s’adressèrent alors au saint-siège, pour lui demander justice. Le pape Jean XXII chargea l’évêque deCambrai d’informer sur leurs mœurs et leur foi. Elles sortirent victo-rieuses dé cette enquête, et un mandement de leur évêque, en l’an 1324,les déclara orthodoxes et défendit à qui que ce fût de les inquiéter àl’avenir.
En 1468, leur ancienne église fut démolie et l’on en construisit unenouvelle plus grande et plus belle, qui fut détruite par un incendie, ainsique la moitié du béguinage, en 1480. Il en fut alors bâti une troisièmequi, à son tour, fut détruite, en 1542, pendant les guerres. C’est alors