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1 (1845)
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HISTOIRE ET COSTUMES.

Anvers quon en voyait le plus. Elles y étaient connues depuis lan 1240.Il y en avait de deux sortes : les unes étaient réunies dans une même en-ceinte, hors des murs de la ville. Les autres demeuraient en dehors delenclos, ou chez leurs parents. Mais elles ne faisaient pas de vœux perpé-tuels, et conservaient la jouissance de leurs biens. Elles obéissaient à dessupérieures et portaient des habits gris et modestes. Ce nest que posté-rieurement à lannée 1324 quelles shabillèrent en noir.

Leur institut na jamais été approuvé par le saint-siège; ainsi elles neformaient pas un ordre religieux. Elles avaient, au centre de leur enclos,une église particulière, avec un curé ou chapelain particulier. Elles obtin-rent, en 1247, la permission dêtre enterrées dans un cimetière séparécontigu à leur église, moyennant une redevance annuelle de trois deniers,que chacune delles devait payer aux chanoines dAnvers, le jour de laTrinité. Alors Anvers, ainsi que Bruxelles, dépendait du diocèse deCambrai.

Dans leur enclos se trouvait une infirmerie pour celles qui lhabitaientet il y en avait une autre pour celles qui demeuraient au dehors. Lévêquede Cambrai leur permit, en 1315, de faire dire la messe dans la chapellede linfirmerie, pour les malades.

Ces bonnes filles essuyèrent bien des traverses pendant ce siècle. Desnovateurs, quon désignait sous le nom de bégards et béguines, et qui,sous des dehors simples, affectaient un grand extérieur de piété, avaientrépandu plusieurs erreurs en Allemagne. Le concile de Vienne les avaitcondamnés, en 1311, et avait même aboli toutes les réunions connues sousle nom de béguines. La conformité de nom fit envelopper les béguinesdAnvers dans lanathème lancé contre les sectaires, et elles furentregardées comme suspectes dhérésie. Elles sadressèrent alors au saint-siège, pour lui demander justice. Le pape Jean XXII chargea lévêque deCambrai dinformer sur leurs mœurs et leur foi. Elles sortirent victo-rieuses cette enquête, et un mandement de leur évêque, en lan 1324,les déclara orthodoxes et défendit à qui que ce fût de les inquiéter àlavenir.

En 1468, leur ancienne église fut démolie et lon en construisit unenouvelle plus grande et plus belle, qui fut détruite par un incendie, ainsique la moitié du béguinage, en 1480. Il en fut alors bâti une troisièmequi, à son tour, fut détruite, en 1542, pendant les guerres. Cest alors