BÉGUINES.
Il y a plusieurs opinions sur l’étymologie du mot Béguine. Les unspensent qu’il vient de sainte Bèghe (1), fondatrice du monastère d’An-denne, près de Namur, et qui mourut en 698. D’autres prétendent queles béguines sont ainsi appelées du surnom d’un prêtre liégeois, Lambert,dit le Bègue, qui les aurait instituées dans le douzième siècle.
Peut-être les uns et les autres sont-ils dans l’erreur, puisque, antérieu-rement au sixième siècle, on avait vu, dans l’Église, des fdles pieuses vivreloin du monde, sous un extérieur modeste, sans être cependant de vraiesreligieuses. Les auteurs ecclésiastiques les plus anciens, entre autres Ori-gène, parlent des ascètes, qui étaient des chrétiennes vivant d’une manièrefort retirée, portant des habits d’une grande simplicité, et faisant pro-fession d’une plus grande régularité que le commun des fidèles, sanscependant y être assujetties par aucun vœu particulier. Les ascètes (2)avaient même une place distincte à l’église, entre le clergé et le peuple.
Un troisième sentiment serait que le mot Béguine viendrait d’une coif-fure simple, qu’on met encore aujourd’hui aux enfants, et qu’on nommebéguin ou béguinet ; coiffure dont se seraient longtemps contentées lespersonnes pieuses, que de là on aurait appelées béguines, comme on aappelé capucins, les religieux distingués par un capuce, et cordeliers,ceux qui portaient une corde pour ceinture.
Quoi qu’il en soit de l’étymologie du nom de béguines, on trouvait auxPays-Bas un grand nombre de filles dévotes qui portaient ce nom. C’est à
(1) Elle était fille de Pépin de Landen , grand seigneur belge, lige de la deuxième race desrois de France. Sa sœur fut sainte Gertrude, fondatrice de Nivelles.
(2) De là est venue l’expression, livre ascétique, vie ascétique, pour signifier un livre dedévotion, une vie dévote.